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L’expert Amine Souici parle des lenteurs de la généralisation de l’e-paiement : «La décision a été prise dans la précipitation !»

L’expert Amine Souici parle des lenteurs de la généralisation de l’e-paiement : «La décision a été prise dans la précipitation !»

L’année dernière, le ministère du Commerce avait imposé la généralisation de l’utilisation d’e-paiement à travers les terminaux de paiement électronique TPE dans tous les commerces et espaces de vente. Un délai a été fixé pour la fin de l’année 2020, mais force est de constater que l’opération a bouté sur un échec. L’expert et président de la Commission nationale de la numérisation et en suber sécurité, affilié à l’ANCA (Association nationale des commerçants et artisans algériens) Amine Souici, a donné son avis sur la question, en animant hier le « Forum de la Presse », organisé par le quotidien « le Maghreb ».

« Quand le ministère du Commerce avait imposé un délai pour se doter de TPE (terminaux de paiement électronique), tous les commerçants ont tous introduit des dossiers pour s’en acquérir. Cela a engendré une pénurie car sont issus de l’importation. J’ai plaidé à ce que cette généralisation soit graduelle en commençant par secteurs d’activités et non pas totale », a expliqué Amine Souici.

« Cette décision a été un peu vite et précipitée, car il y avait une crise de liquidité et le gouvernement était convaincu que le paiement électronique était la solution. Or on aurait pu temporiser et ajouter un délai supplémentaire de trois ou six mois », a‐t‐il poursuivi.

Estimant que l’e‐paiement est un choix économique inéluctable, l’intervenant a rappelé que ce mode de paiement a été institué par le gouvernement depuis 2010, or « l’absence de volonté politique » a freiné sa concrétisation sur terrain. « Des parties étaient toujours derrière l’échec de ce projet parce qu’il ne servira pas leurs intérêts personnels. Le paiement électronique garantie l’obligation de la transparence et c’est ce que beaucoup de gens ne souhaitent pas arriver », a‐t‐il accusé.

Et c’est en raison de besoin provoqué par l’avènement de la pandémie de coronavirus que le gouvernement a ressenti l’importance de e‐paiement, a fait observer Amine Souici. L’enseignement à distance pour pallier la fermeture des écoles et universités, le paiement électronique pour éviter les déplacement physiques des clients aux agences commerciaux d’AT, Sonelgaz, ADE et des opérateurs de la téléphonie portable, et aussi la numérisation de l’administration pour éviter les longues queues d’attentes dans les services d’état civile des APC.

« Depuis le début de la crise sanitaire à ce jour, nous avons observé que nous avons réalisé en une année un progrès de trois ou quatre années d’avant crise de Covid‐ 19. Ce sont des avancés indéniables que personne ne pourra nier comme le retrait de registre de commerce qui se fait via le portail électronique de cette institution et avec des réductions de 20 % qu’avec la manière traditionnelle », a‐t‐noté, souhaitant que ses efforts se poursuivront toujours une fois l’épidémie derrière nous.

L’expert en commerce électronique a préconisé qu’en lieu d’imposer l’usage des TPE dans les textes de lois, le gouvernement doit, au contraire, offrir des incitations fiscales aux profits des commerçants qui installeront ce nouveau mode de paiement au niveau de leurs commerces. L’expert évoque aussi le problème de la disponibilité d’une infrastructure suffisante et aussi éviter certaines pratiques, considérées comme nuisibles pour le e‐ commerce, comme les coupures d’internet qui se font pendant les périodes d’examens scolaires.

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