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Solidarité et bureaucratie

La bureaucratie a la peau dure en Algérie. En plein désastre épidémique où des dizaines de patients meurent à cause de la pénurie d’oxygène médical,  l’ambassadeur d’Algérie en France  se permet de pondre un communiqué où il annonce que l’acheminement des aides de la diaspora vers le pays est dorénavant soumis à des formalités administratives et à une autorisation préalable délivrée par les représentations consulaires.

 Que comprendre de ces exigences imposées pour l’acheminement des dons,  si ce n’est une volonté inavouée de freiner le formidable élan de solidarité enclenché ces derniers jours pour pallier aux graves insuffisances constatées depuis la reprise en force des contaminations portées par le variant Delta. 

Malvenu, inopportun, incompréhensible… les épithètes péjoratifs collés au communiqué de l’ambassadeur par les internautes renseignent sur le degré de colère qu’a suscité ce communiqué. D’ailleurs, depuis la publication, comme relayé sur les réseaux sociaux, plusieurs opérations d’envoi de matériels au pays ont été annulées, en raison justement des conditions exigées.

 La communauté nationale à l’étranger attendait des ambassadeurs et des représentations consulaires de bouger pour participer à l’effort de solidarité et de mettre en place les mécanismes nécessaires d’urgence pour faciliter l’envoi les dons collectés, mais au lieu de cela, elle a  eu droit à des décisions bureaucratiques autoritaires qui  l’ont complètement découragé et courroucé à telle enseigne que le feu de générosité qui l’a animé s’est complètement éteint.

En situation de crise et de pertes humaines quotidiennes, il est inadmissible, quelles que soient les raisons, de soumettre l’acheminement des aides à une demande et surtout à des conditions contraignantes ! « Le dossier de demande d’autorisation doit comporter les indications suivantes: l’identité des donateurs (associations, collectifs, particuliers), agrément, le cas échéant, la liste du matériel médical (concentrateurs d’oxygène), des consommables et des produits pharmaceutiques collectés, comportant les indications sur le volume, le poids et la valeur » lit-on en effet dans le communiqué de l’ambassadeur. 

Si ces  ces conditions  peuvent être justifiées,  comment explique la désignation du ministère de la Santé comme  seul et unique destinataire des dons recueillis ? Sachant le problème de confiance  qui existe actuellement, non sans raison entre le citoyen et l’État, comment imposer une telle condition ?  Pourquoi empêcher des citoyens d’envoyer des dons à la destination de leurs choix ?  Cette nouvelle vague de l’épidémie du covid-19,  en plus de montrer la prégnance de la bureaucratie dans l’acte de gestion, a révélé  également  au grand jour que l’Algérie n’a pas « le meilleur système sanitaire au Maghreb et en Afrique »

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