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L’approche protectionniste dans le contexte d’une stratégie d’économie ouverte payera-t-elle ?

5 000 milliards de dinars de transferts sociaux en 2021

Intervenant à l’émission, l’invité de la matinée, sur la chaîne 1 de la Radio nationale, le Dr. Ahmed Souahlia, expert économique et enseignant universitaire, a conclu que les mesures de protection du produit national engagés par les pouvoirs publics ont permis l’établissement de partenariats en dehors de la sphère européenne et l’accès aux marchés africains. 

Dans son analyse, l’expert a soutenu que grâce aux protectionnistes déployées,  l’Algérie est parvenue à sortir de l’influence traditionnelle qui la présentait souvent comme sous influence d’un autre État. Insinuation faite à l’influence européenne, Souahlia se félicite que notre pays ait pu créer de multiples partenariats tels que le marché de libre échange africain qui s’est matérialisé malgré de nombreux défis extérieurs

Le constat de notre expert est sans équivoque ; la stratégie de l’Algérie pour pénétrer les marchés africains est devenue claire, grâce aux facilités douanières et à la mise en place de conditions logistiques telles que l’ouverture de passages frontaliers et la mise en place d’un climat d’affaires approprié. 

Défendant la démarche du gouvernement sur le plan économique, Ahmed Souahlia a salué la volonté politique de créer une diversification économique en Algérie, qui fait partie des engagements du président Tebboune depuis son arrivée au pouvoir, et son insistance sur la contribution des secteurs économiques aux indicateurs de croissance économique et l’augmentation du niveau des capacités de production, en mettant l’accent sur la nécessité de miser sur les petites et moyennes entreprises, en s’appuyant sur les jeunes talents maîtrisant les technologies modernes, afin d’augmenter la capacité industrielle en Algérie. 

Il reste vrai que le cas de notre pays fait ressortir que l’échange international s’est révélé être un facteur de changement structurel et institutionnel d’autant qu’aujourd’hui il est devenu le prolongement de la dynamique économique domestique. 

Mais dans la réalité économique, ce sont les politiques nationales qui constituent les variables clés pour la croissance et le développement, et non les mesures de protection ou de libéralisation de l’échange international, reste toutefois posée la double question de la pertinence du régime protectionniste engagé dans la politique économique que l’on veut ouverte et, dans une perspective plus normative, de la nature des arrangements institutionnels à mettre en place, d’une part, pour que l’ouverture produise pleinement ses effets transformationnels productifs et, d’autre part, pour que l’économie de notre pays puisse édifier son siège dans le contexte de l’économie mondiale qui ne sera plus la même après la crise sanitaire.

Quoiqu’il en soit, l’Algérie a tout intérêt à prendre sa part du marché africain dont l’importance est estimée à un peu plus de 3000 milliards de dollars et qui passe pour être le nouvel Eldorado des grandes puissances économiques, mais aussi de celles qui émergent. 

Dans ce sens notre pays ambitionne d’atteindre les 5 milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbures en 2024, et en pense que cet objectif pourrait se réaliser en moins de temps que prévu puisque les deniers statistiques émanant des services de douanes font état d’un bond atteignant les 2,4 milliards de dollars durant les 7 derniers mois, en comparaison aux chiffres des deux dernières années ou le volume d’exportations ne dépassait pas 1,2 milliard de dollars.

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