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Détérioration du pouvoir d’achat

La détérioration brutale du pouvoir d’achat des ménages continue à susciter la grogne de la population et des travailleurs. En l’espace d’une année les salaires et les pensions de retraite ont perdu, en raison de l’inflation, de la chute du dinar et de la stagnation des salaires, presque 40% de leurs valeurs, ce qui rend intolérables les conditions de vie de l’écrasante majorité des citoyens. 

Les complaintes et les cris de douleur des fonctionnaires et des pères de familles sont quasi-quotidiens. Depuis l’année dernière, les prix à la consommation ont pris une tendance haussière ininterrompue. Les majorations des prix ont dépassé les 50% voire les 100%, pour la majorité des denrées alimentaires, considérées comme étant essentielles : lait, huile, légumes, fruits, viandes et pâtes alimentaires…Le nouveau barème de l’impôt sur le revenu global (IRG), révisé à la baisse, à la faveur de la loi de finances 2022 et appliqué à partir de janvier dernier, n’a pas eu l’effet escompté, vu la lourde inflation qui pèse sur le budget des ménages.

Face à cette situation, les quatorze syndicats autonomes issus de plusieurs secteurs regroupés sous l’égide de la Confédération des syndicats algériens (CSA), qui ont déjà par le passé tiré la sonnette d’alarme, reviennent cette semaine à la charge et appellent le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour atténuer la charge des ménages et calmer le front social qui est au bord de l’explosion. A l’exemple du président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), Sami Agli qui voit dans l’augmentation des salaires, un moteur pour la croissance économique, les syndicats membres du CSA croient également que la revalorisation des salaires et l’amélioration des conditions de travail sont deux éléments incitateurs pour tout décollage économique. Dans le communiqué qui a sanctionné leur dernier conclave, ces syndicats qui brossent un tableau noir de la situation socio-économique du pays, appellent le gouvernement à accélérer les réformes tendant à l’amélioration du pouvoir d’achat et à la révision de la grille des salaires. 

La situation actuelle dominée par des pénuries, des augmentations des prix effrénées, un chômage galopant, l’élargissement du marché informel… n’augure rien de bon et ne peut profiter qu’aux ennemis de la nation qui s’échinent par tous les moyens à créer un embrasement général. Le deuxième trimestre de cette année où la révision du point indiciaire dans la fonction publique entrera en vigueur, doit être le début du décollage économique promis par le président Tebboune.

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