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Ne pas perdre de vue la Tunisie

Le sionisme, la plaie qui gangrène la terre

On se souvient qu’avant que le roi du Maroc ne décide d’officialiser la normalisation avec l’état hébreu sans consulter personne, même le chef du gouvernement, Saad-Eddine Al-Othmani qui a appris la décision en lisant la presse, les partis politiques marocains, les associations et autres organisations de la société civile rejetaient toute idée de « (attatbii) qu’ils voyaient comme une trahison et un blanc-seing pour les sionistes.

On sait maintenant que cette prétendue opposition à la normalisation n’a aucune existence réelle et qu’elle ne se manifeste que pour mieux faire  avaler la pilule amère de la normalisation. Il y a de fortes craintes à ce que ce même scénario se reproduise en Tunisie. A quoi assiste-t-on actuellement en Tunisie ? Des syndicats, des associations, des partis politiques crient de concert que la normalisation ne passera pas;  l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) plaide même pour une loi criminalisant l’établissement des relations avec l’État hébreu.

Le président tunisien Kais Said qualifie l’établissement de relations avec Israël de trahison. Réagissant à l’information rapportée par des médias israéliens et tunisiens faisant état de discussions secrètes entre Tunis et Tel-Aviv en vue d’aboutir à une normalisation de leurs relations, le ministère tunisien des Affaires étrangères a rappelé que la position de la Tunisie par rapport à la question palestinienne est claire et restera inchangée. Pourtant, ces réactions antisionistes des hautes autorités tunisiennes sont démenties par la réalité du terrain. La présence de militaires tunisiens aux côtés des militaires sionistes dans l’exercice militaire «African Lion 2022 » qui a débuté le 20 de ce mois à Agadir dans le Sud du Maroc devant concerner le territoire tunisien est une preuve que les indiscrétions rapportées par la presse israélienne sur un éventuel rapprochement entre Tunis et Tel-Aviv n’est pas une vue de l’esprit.

Quelque chose se trame pour faire franchir le rubicond à la Tunisie et la ramener dans le giron de la normalisation. Sinon que font des militaires tunisiens dans des manœuvres auxquelles participent des militaires sionistes ? Comment expliquer l’accord de la Tunisie à laisser des militaires sionistes opérer sur son sol, retenu comme l’un des lieux de cet exercice militaire ?

Cela intervient, faut-il également le souligner, en plein tempête politique dans ce pays voisin du fait des attaques sans précédent contre le président Tunisien qui a donné un véritable coup dans la fourmilière en limogeant à tour de bras et en décidant d’instituer une nouvelle constitution décriée par une partie de la classe politique.     

Les semaines qui viennent vont nous édifier sur les dessous de ce « copinage militaire » qui est en soi un grand message. Diaboliser Israël et prétendre un appui officiel et populaire aux frères palestiniens dans leur combat jusqu’au recouvrement de leurs droits légitimes dans les discours et dans les communiqués, et faire le contraire dans les faits relève tout simplement de l’hypocrisie diplomatique qui finira tôt ou tard par être démasquée.

Zahir Mehdaoui

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