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Le roi du Maroc joue l’apaisement

Selon Jeune Afrique: « Mohammed VI assistera au sommet arabe d’Alger »

Le roi du Maroc Mohammed VI a réitéré, une fois de plus, sa main tendue à l’Algérie, lors du discours traditionnel marquant l’anniversaire de son accession au trône. «Nous aspirons à œuvrer avec la présidence algérienne pour que le Maroc et l’Algérie puissent travailler, main dans la main, à l’établissement de relations normales entre deux peuples frères », a affirmé le souverain dans un discours radiotélévisé à la nation samedi 30 juillet 2022 au soir.

«Je souligne une fois de plus que les frontières qui séparent le peuple marocain et le peuple algérien frères ne seront jamais des barrières empêchant leur interaction et leur entente », a-t-il souligné, en exhortant les Marocains à « préserver l’esprit de fraternité, de solidarité et de bon voisinage à l’égard de nos frères algériens ».

Le roi du Maroc fait ainsi un plaidoyer en faveur de l’apaisement avec l’Algérie et de la création de conditions favorables à la stabilité dans la région maghrébine. Mais ce plaidoyer est-il réaliste ? Les paroles d’apaisement sont-elles sincères ?  Le rapprochement ne pourra pas fonctionner, avec un pays hostile qui a plutôt fait montre d’un désir de faire obstacle à tout règlement du conflit sahraoui. 

Récemment, l’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, a annulé son déplacement dans les villes sahraouies occupées, car les autorités marocaines ont voulu lui imposer des interlocuteurs « fantoches ». Le royaume veut ainsi saborder le processus en cours et saper toute dynamique de règlement pacifique.

Le Maroc ne peut se mesurer à l’Algérie pour ce qui est des relations de bon voisinage et du règlement pacifique des différends. L’Algérie reste un pays important dont l’engagement en faveur des causes justes est reconnu de tous. Quand le royaume chérifien rappelle sa politique de la main tendue à l’égard de l’Algérie, tout en éprouvant un sentiment d’hostilité, il est sur la pente désagréable du mensonge.

Par ce geste, le roi du Maroc veut, pense-t-on, rompre l’isolement dans lequel il se trouve, dans un contexte de crise économique et de montée du chômage.

Dans une tribune publiée hier sur le site TSA, Abdelaziz Rahabi, diplomate et ancien ministre algérien, rappelle que « la tradition et les usages internationaux recommandent que la bonne volonté ou une offre de dialogue soient précédés de mesures conséquentes, qualitatives et à la hauteur de l’objectif déclaré ».  « Or, poursuit-il, ce n’est pas à quoi on assiste sur le terrain. » L’état des relations entre les deux pays s’est même détérioré et le Maroc reste sur des positions figées vis-à-vis de l’Algérie à l’égard de laquelle il poursuit la même stratégie », fait-il observer. Et d’ajouter : « Une fois encore, il rend l’Algérie responsable de l’échec de la construction maghrébine, du mauvais état des relations bilatérales et cherche à accréditer le sentiment d’un Maroc victime mais disposé au dialogue ».

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