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Prix de l’énergie: Allemagne, Belgique, Royaume-Uni… La colère monte en Europe

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Étrangle par la crise de l’énergie et l’inflation, le Vieux continent voit poindre la colère dans plusieurs pays, laissant craindre un hiver brûlant sur le plan social.

Après un été difficile, l’hiver ne sera pas un moment de répit. Inflation, hausse des prix de l’énergie, guerre en Ukraine… L’heure de répondre à ces multiples défis à sonner pour le Vieux continent. Vendredi 9 septembre, les ministres européens de l’Énergie se sont dits favorables à une série de mesures d’urgence pour enrayer la flambée des factures de gaz et d’électricité, évoquant même un plafonnement du prix des importations de gaz de l’Union européenne.  

Mais cela sera-t-il suffisant ? Alors que l’inflation annuelle dans les 19 pays de la zone euro a connu une nouvelle hausse au mois d’août, s’établissant à 9,1%, la colère des Européens commence à monter. À Paris, une manifestation a eu lieu, samedi 3 septembre, contre les conséquences de la crise économique et énergétique, à l’appel de Florian Philippot et de son mouvement Les Patriotes. Si ce rassemblement est resté assez marginal, la CGT et Solidaires ont bloqué la date du 29 septembre pour organiser une journée de grève et de manifestation. En plus de l’inflation et de la crise énergétique, les inquiétudes sur les retraites et l’assurance-chômage seront au menu de cette rentrée sociale.  

Chez nos voisins belges, les syndicats se mettent également en ordre de marche contre la hausse des tarifs de l’énergie. Les différents mouvements ont déposé un préavis de grève générale pour le mois de novembre. « Si nous déposons un préavis, ce n’est pas pour le plaisir mais c’est parce qu’avant les vacances, nous avons organisé une manifestation nationale qui a réuni 80 000 personnes, c’est parce que, depuis lors, les factures explosent, et qu’il n’y a pas de réponse », a martelé, dans le quotidien belge Le Soir, Thierry Bodson, le président de la Fédération générale du travail de Belgique, deuxième fédération syndicale belge. 

« S’il n’y a pas de réponse d’ici la fin septembre, la grève aura lieu. Chaque mois qui passe, c’est l’angoisse et la colère qui montent chez les gens », a-t-il ajouté. À ce stade, les gouvernements fédéraux et régionaux ont adopté quelques mesures, jugées insuffisantes par les Belges. 

Les extrêmes battent le pavé outre-Rhin

De son côté, le gouvernement fédéral allemand tente également de panser les plaies économiques du pays avec la promesse d’une aide de 65 milliards d’euros pour soutenir les ménages face à l’inflation galopante. Encore faut-il que les personnes concernées en ressentent les effets, au risque de laisser émerger une gronde sociale cet hiver. « Des économies, toujours des économies, encore des économies », les Allemands sont fatigués d’entendre qu’il faut se serrer la ceinture, assurait, le 29 août, le magazine allemand Focus. 

Les partis d’extrême gauche et d’extrême droite ont lancé un appel à manifester tous les lundis, à Berlin et Leipzig. Parmi les mots d’ordre généraux : le pouvoir d’achat. En battant le pavé, les deux camps, qui ont pris soin de ne pas se mélanger, souhaitent inscrire le début d’un « automne chaud », expression utilisée par le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Lors de la première manifestation, le 5 septembre, environ 4 000 personnes ont répondu à l’appel de Die Linke, parti de gauche radical, « soit près du double des manifestants d’extrême droite », précise Der Spiegel, hebdomadaire allemand, repris par Courrier International.  

De là à voir poindre un mouvement de contestation sociale d’envergure ? Le Der Spiegel ne semble pas convaincu. « Ces dernières semaines, on a entendu beaucoup d’avertissements sur de grandes manifestations à venir, on parlait d’un ‘hiver du mécontentement' », mais « ‘l’automne chaud’ s’est révélé plutôt tiède », relève le média. 

Outre-manche, la machine à contestations reste bel et bien enclenchée. Si l’été a été marqué par le plus gros mouvement de grève depuis des décennies, l’hiver n’en sera, semble-t-il, pas moins chahuté. En cause : une inflation à plus de 10%, un risque de récession et une chute de sa monnaie. Afin d’éteindre le feu, la nouvelle Première ministre britannique Liz Truss a promis d’annoncer dès jeudi prochain des mesures pour juguler l’ampleur de la crise du coût de la vie. Mais elle a d’ores-et-déjà exclu, lors de son premier duel avec le chef de l’opposition, de taxer les compagnies énergétiques pour les financer. 

Les Italiens brûlent leurs factures

Les contestataires britanniques s’organisent, eux, autour du mouvement « Don’t Pay UK » (« Ne paie pas le Royaume-Uni »), qui réunit plus de 180 000 signataires depuis son lancement en juin dernier. Il s’agit d’une pétition lancée auprès des citoyens pour qu’ils arrêtent de payer leurs factures à partir du 1er octobre, date à laquelle les tarifs réglementés du gaz et de l’électricité doivent gonfler de 80%. « Don’t Pay UK » a déclaré qu’il n’agirait que si un million de personnes signaient le non-paiement massif des factures d’énergie d’ici le 1er octobre. Des mouvements similaires ont vu le jour à Glasgow (Ecosse), où des marcheurs furieux brûlaient leurs factures. 

Même geste de désespoir à Naples, ville populaire du sud de l’Italie. Vendredi 2 septembre, des citoyens au chômage se sont réunis sur la place Matteotti pour protester et réduire leurs factures en cendre. Affichant un sentiment d’impuissance à l’égard de la classe politique italienne, les personnes présentes criaient « rien ne changera après les élections », le scrutin étant prévu le 25 septembre. Et les chômeurs du Mouvement du 7 Novembre ne comptent pas s’arrêter là : d’autres dates de contestation sont relayées sur leur page Facebook, suivie par 5 000 personnes. 

Audrey Parmentier pour l’express.fr

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