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Sahara Occidental: Madrid est-elle en train de revoir sa position ?

Le clin d’œil de Pedro Sanchez à l’Algérie ?

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré, jeudi lors de la 77e Assemblée générale de l’ONU que l’Espagne soutenait une « solution politique mutuellement acceptable» concernant le Sahara occidental. « Nous soutenons pleinement le travail de l’envoyé spécial du secrétaire de l’ONU, travail que nous jugeons absolument crucial », a-t-il affirmé lors de son discours prononcé à l’occasion.

Pedro Sanchez a également pris l’engagement de continuer à aider les populations sahraouies dans les camps de réfugiés de Tindouf, au sud-ouest algérien. « L’Espagne continuera également à soutenir la population sahraouie dans les camps de réfugiés comme elle l’a toujours fait, en tant que principal donateur international d’aide humanitaire dans ce contexte », a-t-il soutenu.

Le Premier ministre espagnol revoit ainsi sa position concernant le conflit du Sahara Occidental.

En mars dernier, Pedro Sanchez avait reconnu le « plan marocain d’autonomie du Sahara Occidental ». Il avait également reconnu la souveraineté marocaine sur ce territoire, colonisé par l’Espagne jusqu’à 1975.

Cette position a suscité la colère des autorités algériennes qui ont décidé, au début du mois de juin dernier, de procéder à la suspension « immédiate » du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération, conclu le 8 octobre 2002 avec l’Espagne. L’Algérie a, alors, justifié sa décision par l’attitude du gouvernement espagnol qui a apporté son soutien au « plan marocain de l’autonomie du Sahara Occidental ».

« Les autorités espagnoles se sont engagées dans une campagne tendant à justifier la position qu’elles ont adoptée sur le Sahara Occidental en violation de leurs obligations juridique, morale et politique de puissance administrante du territoire qui pèsent sur le Royaume d’Espagne jusqu’à ce que la décolonisation du Sahara Occidental soit déclarée accomplie par les Nations unies », avaient dénoncé les responsables algériens, qualifiant la position espagnole « de revirement brusque et injustifié ».

Ayant rappelé son ambassadeur à Madrid depuis le 20 avril 2022, l’Algérie avait également décidé de suspendre ses échanges commerciaux avec l’Espagne, à l’exception des livraisons du gaz. La crise diplomatique entre les deux pays dure toujours, malgré les appels du pied du gouvernement espagnol.

« Nous espérons pouvoir résoudre ce problème diplomatique dans un court laps de temps. L’Espagne peut entretenir une relation positive et stratégique avec le Maroc et l’Algérie », avait déclaré Pedro Sanchez quelques jours plus tard.

Selon lui, la coopération entre son pays et l’Algérie ne se limite pas au secteur énergétique, mais s’étend notamment au domaine sécuritaire et au contrôle aux frontières. « En bref, nous avons une coordination et une collaboration extraordinaires avec le gouvernement algérien», avait-il ajouté.

Ce n’était pas l’avis des diplomates algériens, dont l’envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental et du Maghreb (un poste créé par le président algérien), Amar Belani, qui avait précisé que «ce qui se passe entre Alger et Madrid n’est pas juste un nuage d’automne qui va se dissiper rapidement ».

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