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Guerre à Ghaza et manipulations israéliennes et pro-israéliennes

Guerre à Ghaza et manipulations israéliennes et pro-israéliennes

La guerre à Gaza boucle aujourd’hui son deuxième mois. Du 7 octobre au 7 décembre le chemin aura été long à parcourir dans cette guerre à plusieurs facettes. La face médiatique nous interpelle plus que d’autres. 

Aussi, il est toujours utile de rappeler qu’en temps de guerre, la part de vérité est la portion congrue de la relation des faits. C’est-à-dire, ne vous attendez pas à lire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité sur ce qui se passe à Gaza. La désinformation bat son plein, comme elle l’est également en Ukraine. 

Informer en temps de guerre relève d’un périlleux exercice de crédibilité, et les infox polluent encore plus le paysage médiatique de langue française, plus que chez la presse arabophone, pour des raisons évidentes, de sources notamment. Nous entendons par infox toute information mensongère ou volontairement déformée, contribuant à la désinformation.

Au premiers jours de la guerre, nous avons déjà pris le sujet par les cornes et dénoncé les média-mensonges occidentaux, largement mobilisés pour la causse sioniste. Aujourd’hui, beaucoup de ces médias ont légèrement rectifié leur angle d’attaque et prennent plus position pour le Hamas. Mais beaucoup, aux Etats Unis, en France et en Grande-Bretagne propagent la désinformation israélienne à échelle planétaire. En voici un nouveau pack d’intox et leur fact-check.

Le Hamas ne voulait pas que des femmes otages parlent, dit Washington

Après le mensonge des 40 bébés israéliens égorgés, voire étêtés par les Brigades Al Qassam –mensonge qui n’a pas été avalé, même par les médias israéliens- on sort un autre : le viol des otages par le Hamas à Gaza. Et ce sont les journaux américains et français qui se font les gros propagateurs de ce médiamensonge. 

Les autorités israéliennes ont déclaré vendredi dernier qu’elles reprenaient leur offensive militaire, car le Hamas n’avait pas libéré toutes les femmes otages. « Il semble que l’une des raisons pour lesquelles ils ne veulent pas libérer des femmes qu’ils retiennent en otage et que cette pause a volé en éclats, c’est qu’ils ne veulent pas que ces femmes racontent ce qui leur est arrivé pendant leur détention », a déclaré à la presse Matthew Miller, porte-parole du département d’État.

Le porte-parole a déclaré que les États-Unis n’avaient « aucune raison de douter » des informations sur des violences sexuelles imputées aux terroristes du Hamas. « Il y a très peu de choses dont je pense que le Hamas ne soit pas capable s’agissant du traitement des civils et en particulier du traitement des femmes », a-t-il dit. La police israélienne assure aussi enquêter sur de possibles violences sexuelles commises le 7 octobre, dont des viols en réunion ou des mutilations de cadavres.

Les enquêteurs israéliens ont jusqu’ici recueilli « plus de 1 500 témoignages choquants et pénibles », alors que le Hamas a « rejeté » les accusations de viols et violences sexuelles, les qualifiant de «mensonges d’Etat ».

Les propos des femmes libérées par le Hamas et qui sont exprimés sur le traitement très humain, voire amicale de la part des hommes de Sinouar avait largement contribué à enturer les Braigades de plus de déférence de la part de tout le monde, y compris en Israël, d’où la volonté, à Tel Aviv de battre en brèche l’idée de « commandos au cœur d’ange ». 

Un bébé mort à Gaza ou une poupée ? 

Le 1er décembre, une mère et un grand-père ont été filmés à Gaza tenant un bébé mort dans leurs bras, à la suite des nouveaux bombardements israéliens. Mais de nombreux internautes et le journal israélien The Jerusalem Post ont ensuite affirmé que le bébé était une poupée. Cette victime est pourtant bien réelle : l’agence de presse Anadolu a donné des détails sur son identité, et des médecins légistes interrogés par la rédaction des Observateurs de France 24 ont confirmé qu’il s’agissait bien d’un corps humain.

De nombreux comptes pro-israéliens sur X et Instagram ont aussi affirmé que l’enfant mort dans la vidéo était une poupée, reprenant le hashtag « Pallywood » (contraction de « Palestine » et « Hollywood ») pour dénoncer de supposées mises en scène.

Mais les nombreuses photos de la scène indiquent qu’il s’agit bien d’un corps humain, soulignent deux médecins légistes contactés par la rédaction des Observateurs de France 24.

L’agence de presse turque Anadolu a aussi donné des informations sur l’identité du bébé décédé, un enfant de cinq mois appelé Muhammad Hani al-Zahar.

The Jerusalem Post a supprimé l’article et présenté ses excuses sur X le 2 décembre, indiquant avoir « publié un article basé sur des sources erronées » qui « ne répondait pas à nos normes éditoriales ».

Les bombardements israéliens reprennent à Gaza, les accusations de trucage aussi. Le 1er décembre, jour de reprise des attaques israéliennes après une semaine de trêve avec le Hamas, de nombreux comptes sur X et Instagram ont dénoncé une supposée mise en scène d’un bébé mort à Gaza, vidéos à l’appui.

Ces vidéos, diffusées à l’origine par deux photoreporters palestiniens sur leur compte Instagram, le 1er décembre dans la matinée, montrent tour à tour une mère et un grand-père pleurer la mort d’un enfant en pleine rue. Le grand-père est notamment filmé en train de présenter à la foule le corps du bébé, aux yeux vitreux et au teint ciré, dans un linceul blanc.

Dans les heures qui ont suivi leur diffusion, plusieurs internautes pro-israéliens ont remis en cause l’authenticité de la séquence. Un tweet vu plus de 200 000 fois prétend notamment que la vidéo « montre des habitants de Gaza pleurant une poupée ‘morte' ».

Le média conservateur israélien The Jerusalem Post accuse le média qatari Al-Jazira, qui a diffusé une des vidéos publiées sur Instagram en floutant le bébé, d’avoir publié une « séquence truquée ».

En réalité, ces vidéos montrent bien un bébé gazaoui mort, et non une poupée. Outre les deux reporters indépendants qui ont publié leurs vidéos sur Instagram, l’agence de presse turque Anadolu était aussi présente sur place et a donné plus d’informations sur le contexte et l’identité de la victime.

Elle a publié une quarantaine de photos de la scène sur son site, a indiqué que l’enfant était un bébé de cinq mois du nom de Muhammed Hani al-Zahar. Anadolu précise que ces photos ont été prises à Deir al-Balah quelques heures après la reprise des bombardements le 1er décembre. Le corps de l’enfant allait être porté à l’hôpital des martyrs d’Al-Aqsa par sa mère, Asmahan Attia al-Zahar, et son grand-père, Attia Abu Amra.

Contacté par la rédaction des Observateurs de France 24, le journaliste de l’agence de presse Ali Jadallah a aussi fourni des photos des documents de l’hôpital Al-Aqsa sur ce bébé, qui donnent des détails sur son identité et sa mort, liée aux bombardements israéliens.

La blague du siècle : gèle des avoirs de Yahya Sinouar

Yahya Sinouar est devenu le chef du Hamas dans la bande de Gaza en 2017, après avoir passé 23 ans dans les geôles israéliennes. Il est considéré comme l’architecte de l’attaque du 7 octobre contre Israël. 

Après avoir fait subir à Tsahal et au Shin Beth les pires humiliations de leur vie, il était temps de le discréditer aux yeux même des Palestiniens. Alors on crée un pseudo-richesse et on balance l’information à échelle planétaire. 

Ainsi, la France – qui s’affiche médiatiquement comme le factotum d’Israël- a décrété le gel pour six mois des avoirs du chef du mouvement palestinien Hamas à Gaza, Yahya Sinouar, selon un décret publié mardi au Journal officiel.

« Les fonds et ressources économiques qui appartiennent à, sont possédés, détenus ou contrôlés par M. Yahya Sinouar (…) font l’objet d’une mesure de gel des avoirs », précise l’arrêté du ministre français de l’Économie Bruno Le Maire 30 novembre, qui entre en vigueur mardi, selon Le Parisien.

Les Etats Unis de leur côté, toujours mobilisés à fond pour Israël, disent avoir « gelé les milliards de Sinouar », ce qui a fait réagir le journaliste et analyste palestinien, Abdelbari Atwan, qui a parlé de « blague du siècle » pour qualifier ce gros, gros mensonge. 

Sinouar à passé 23 ans dans les geoles israéliennes et n’a (presque) jamais quitté Gaza pour la France, et s’il possède de l’argent c’est dans sa ville et le voisinage et surement pas en France ou aux Etats Unis.

L’opération décrédibilisation ne passe pas

En novembre, la secrétaire d’État chargée de l’Europe, Laurence Boone, avait plaidé pour la mise en place de sanctions européennes visant de hauts responsables du Hamas, principalement financières, qui pourraient prendre la forme d’un gel des avoirs.

De son côté, Londres a également pris des sanctions – gels d’avoirs, embargos sur les armes, interdictions de voyager – contre six individus: quatre dirigeants du Hamas et deux individus accusés de financer l’organisation, dont Mohammed Deif et Yahya Sinouar.

Résumé de l’histoire, les as du Mossad, promus master en désinformation, subissent de lourds échecs depuis le début de la guerre. Et comme il n’est pas dans leur nature de reconnaitre les échecs, ils utilisent d’autres canaux pour transformer des échecs en victoires, comme ce fut le cas pour les membres « Septembre Noir » une traque inaboutie de plusieurs années transformée en autant de victoires ; alors que le cerveau des opérations de Munich, Mohamed Daoud Aoudah, auteur du livre  « Palestine : d’Al Qods à Munich », et qui est mort de sa belle mort en 2010, avait déclaré peu avant sa mort que « le Mossad n’avait réussi à abattre que des sous-fifres, rarement un responsable de Septembre noir ».

La guerre à Gaza aura ouvert la boite de Pandore et mis sur la place publique la face cachée des médias occidentaux, devenus subrepticement serviles et assujettis. 

Avec des moyens réduits et dérisoires, le Conseil de la Communication du Hamas a pu, haut la main, faire échouer tous leurs plans d’infox, fake news, deep fake et autres sornettes assaisonnées à la sauce des médias occidentaux, soumis au fascisme sioniste depuis le début de la guerre à Gaza.

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