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«L’objectif d’éradication du Hamas est irréaliste»

«L’objectif d’éradication du Hamas est irréaliste»

«L’objectif de l’élimination du mouvement Hamas est irréalisable ». C’est à cette conclusion, selon la Douzième chaîne israélienne, qu’a abouti le département de recherche du renseignement militaire de l’armée d’occupation, qui a rendu public, jeudi dernier, un rapport où il donne son évaluation sur la guerre en cours.

Confectionné par une escouade de spécialistes israéliens dont des officiers supérieurs de l’armée, des renseignements militaires, du Shin Bet et du Conseil de sécurité nationale, ce rapport va à contre‐courant des déclarations des extrémistes sionistes, à l’exemple du ministre israélien de la Défense, Yoav Galant, qui répète à satiété qu’« à la fin de la guerre, le Hamas sera détruit, et il n’y aura aucune menace militaire contre Israël depuis Gaza ».

Le mouvement Hamas, malgré son encerclement, malgré ses effectifs et ses équipements limités, a résisté vaillamment pendant maintenant cinq mois, au rouleau compresseur de l’une des armées les plus puissantes du monde, soutenue par les Etats‐Unis et d’autres puissances occidentales. Mieux, il inflige de lourdes pertes aux troupes sionistes engagées à Ghaza. C’est cette réalité qui a poussé les auteurs de ce rapport à tirer des conclusions qui vont à l’encontre des assurances et de la propagande des va‐t‐en guerre !

Comme d’autres analystes israéliens, à l’exemple des écrivains Tony Carson et Daniel Levy, qui estiment qu’Israël est en train de perdre la bataille qu’il mène contre le Hamas dans la bande de Ghaza et que le Hamas, bien qu’il soit assiégé et doté de peu de capacités, est un rival sérieux, pas du tout facile à défaire, le rapport du département sioniste de recherche du renseignement militaire estime impossible le démantèlement du Hamas.

« Malgré les innombrables opérations menées par Tsahal, le Hamas est toujours là et recueille de plus en plus le soutien de la population palestinienne », note le rapport qui invite en filigrane les décideurs politiques sionistes à revoir leur copie concernant l’avenir de Ghaza. Car, pour l’instant, il n’y a pas d’alternative au Hamas dans la bande de Ghaza et tous les scénarios concoctés ici et là sur le jour d’après à Ghaza qui ne prennent pas en compte le mouvement Hamas, ne sont que des simulations destinées à manipuler l’opinion publique palestinienne et mondiale.

Si pour Israël, les Etats‐Unis et certains régimes arabes du Golfe, le Hamas est un mouvement terroriste, pour les Palestiniens et de nombreux autres pays du monde, c’est un mouvement de libération, un mouvement de résistance qui a le droit de se révolter et de réagir par tous les moyens dont il dispose à l’oppression et aux exactions de l’occupant sioniste.

Pour ceux qui traitaient de terrorisme, l’attaque surprise du Hamas contre Israël le 7 octobre dernier, ils ont oublié qu’elle n’était que la conséquence de plus d’une cinquantaine d’années d’occupation suffocante. Même le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a déclaré que cette attaque «n’était pas arrivée dans le vide».

Ainsi, Hormis les va‐t‐en guerre sionistes, l’administration américaine et les régimes normalisés arabes, qui ne veulent plus entendre parler du mouvement Hamas, presque tout le monde même des Israéliens pensent que l’avenir de Ghaza et celui de la Palestine en général ne peut s’écrire en évacuant le Hamas.

Le Hamas, que le veuillent ses contempteurs ou non, est devenu un élément indispensable dans l’équation palestinienne. Tout scénario d’après‐guerre qui ne le prend pas en compte est voué à l’échec.

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