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Le Maghreb par l’économie

L’Alliance maghrébine algéro-tuniso-libyenne désarticule les plans du Maroc

Les dirigeants de l’Algérie, de la Tunisie et de la Libye ont souligné, à l’issue de leur première réunion consultative tenue lundi à Tunis, la nécessité d’unifier les positions et d’intensifier la concertation et la coordination pour renforcer les facteurs de sécurité, de stabilité et de développement dans la région et accroître sa résilience face aux mutations régionales et aux crises internationales successives.

Dans le communiqué final du « Sommet de Tunis », les dirigeants des trois pays, à savoir les Présidents Abdelmadjid Tebboune, Kaïs Saïed et Mohamed Younes El‐Menfi, sont convenus de « l’organisation périodique de cette réunion, en alternance entre les trois pays afin de hisser les relations bilatérales privilégiées qui lient chaque pays à l’autre vers une nouvelle étape qualitative axée, au‐delà du cadre bilatéral, sur la réflexion et l’action collectives ».

Ils ont insisté sur la nécessité « d’étendre cette concertation et cette coordination, au‐delà des dossiers politiques, à tous les domaines du développement socio‐économique au profit des peuples des trois pays, en vue de réaliser leurs aspirations légitimes à la stabilité, la prospérité et l’intégration ».

En effet, l’intégration économique maghrébine recherchée peut prendre forme dès cette année comme l’avait annoncé le président Abdelmadjid Tebboune, le 13 février dernier, en annonçant que l’année 2024 serait marquée par la réalisation de zones franches entre l’Algérie et cinq pays africains, en l’occurrence la Mauritanie, la Tunisie, la Libye, le Mali et le Niger.

Rappelons que dans une allocution prononcée par visioconférence, à l’occasion de la 41e réunion du Comité d’orientation des chefs d’Etat et de Gouvernement du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), le Président algérien avait annoncé que « l’Algérie connaîtra, en 2024, la création de zones franches avec des pays frères, à commencer par la Mauritanie, puis les pays du Sahel tels que le Mali et le Niger, outre la Tunisie et la Libye ».

Abdelmadjid Tebboune avait, également, souligné l’attachement de l’Algérie à atteindre les objectifs de développement économique et d’intégration continentale, et l’importance d’œuvrer à améliorer l’efficacité des processus d’intégration économique en Afrique dans son ensemble.

Pour le Président algérien, la vision est claire, cette intégration concernera notamment l’amélioration des infrastructures à travers le renforcement des partenariats public‐privé, l’exploitation des ressources nationales, le recours aux fonds régionaux et internationaux de développement des infrastructures et à d’autres outils de financement innovants.

Dans ce cadre, il avait rappelé les projets d’envergure à dimension continentale lancés par l’Algérie, à l’instar de la route transsaharienne reliant six pays africains et du projet de la Route reliant la ville de Tindouf à celle de Zouerate en Mauritanie.

C’est cette vision d’intégration économique à l’échelle continentale et surtout régionale qui pourrait s’élaborer une démarche maghrébine suite à cette réunion « tripartite » de Tunis. Les trois pays peuvent s’appuyer sur les futures zones franches pour développer par la suite tout un tissu de partenariat économique dans différents domaines.

Ces partenariats peuvent concerner plus précisément l’interconnexion énergétique, le dessalement de l’eau de mer et le développement des infrastructures routières dont l’Algérie a déjà acquis une maîtrise respectable et peut dès lors échafauder des projets économiques régionaux avec ses voisins tunisien et libyen.

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