L’Algérie reste plus que jamais un partenaire fiable dans l’approvisionnement d’une grande partie de l’Europe de l’Ouest en énergie propre, du gaz naturel au GPL et autre condensat. Les statistiques de l‘année 2025 le démontrent avec des chiffres largement en faveur de la major algérienne, Sonatrach, qui a su supplanter et remplacer le gaz russe dans la consommation européenne, à commencer par l’Espagne et l’Italie, deux pays avec lesquels l’Algérie, via son groupe pétrolier, a des contrats fermes de longue durée.
L’Espagne est servie par le gazoduc Medgaz (Beni Saf-Alméria), et l’Italie grâce au bon vieux gazoduc Enrico-Mattei, (Transmed). Les capacités annuelles transportées par le Medgaz sont actuellement à un niveau supérieur de 10,16 milliards de mètres cubes (m³) de gaz par an, après une augmentation significative après sa mise en service initiale à 8 millions de m³/an, avec des possibilités d’extension.
Le Transmed, qui passe par la Tunisie pour relier la botte italienne, transporte quant à lui près de 32,7 milliards de m3 par an. Un volume énorme qui approvisionne non seulement l’Italie via des contrats fermes, avec notamment la major italienne Eni et ses filiales comme Saipem, mais également beaucoup de pays européens, dont l’Allemagne, l’Autriche, ou la France, celle-ci étant souvent alimentée par voie maritime.
Et les chiffres pour 2025 confirment un retour en force du gaz algérien sur le marché européen, selon les données de la compagnie espagnole de distribution du gaz naturel Enagas. Les statistiques provisoires pour l’année 2025 donnent l’Algérie en tête des pays fournisseurs de gaz à l’Espagne, loin devant ses concurrents directs, les Etats-Unis et la Russie.
‘’ En 2025, les usines de regazéification espagnoles ont reçu du gaz naturel provenant de 16 sources différentes, contribuant ainsi à une large diversification de l’approvisionnement et renforçant la position de l’Espagne comme point d’entrée stratégique pour le gaz naturel liquéfié (GNL) en Europe’’, indique l’agence de presse espagnole Europa Press, qui ajoute que ‘’l’Algérie a été le principal fournisseur, suivie des États-Unis, tandis que les importations de gaz russe ont chuté de 44 % durant cette période.’’
Selon les données de la société espagnole de distribution du gaz, le volume de gaz transporté durant cette période a augmenté de l’ordre de 7,4% pour atteindre 372 térawattheures, boostées par une augmentation de la demande sur le gaz naturel pour la production de l’électricité qui a grimpé de 33,3 %, à 99,6 TWh.
Dans ce sens, la part des importations en provenance de l’Algérie est restée de l’ordre de 35 %, ce qui place le groupe Sonatrach comme le plus grand fournisseur de l’Espagne en gaz naturel en 2025. Après plusieurs mois de rivalité, l’Algérie a retrouvé son trône sur le marché espagnol du gaz naturel, selon les chiffres publiés par la société espagnole Enagás, Alger ayant fourni plus d’un tiers des importations de gaz de l’Espagne en septembre 2025, devançant largement les États-Unis.
Un retour en force qui confirme la solidité du partenariat énergétique entre Alger et Madrid. Déjà, au mois de septembre dernier, Alger s’est imposée comme le principal fournisseur de gaz de l’Espagne avec 37,2 % des importations totales, soit 10,24 térawattheures (TWh) de gaz naturel.
C’est une légère hausse par rapport au mois d’août, où les livraisons algériennes avaient atteint 10,09 TWh. Les USA, de leur côté, ont enregistré une nette baisse, tombant à 7,45 TWh. Ce qui représente 27 % des importations espagnoles, contre 10,58 TWh en août. Cette contraction a ouvert la voie au retour de l’Algérie en tête du classement, confirmant la place stratégique du gazoduc Medgaz reliant directement les deux pays.
Par ailleurs, les expéditions de gaz algérien via le Transmed vers l’Italie notamment ont dépassé les 14,3 milliards de m3, selon les chiffres rendus publics récemment par le ministère italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, pour l’année 2025. Ces données montrent le poids que le gaz algérien occupe désormais dans la stratégie d’approvisionnement de l’Europe.
Avec également le gaz naturel liquéfié (GNL), l’Algérie n’a pas simplement maintenu ses volumes habituels, elle les a consolidés, démontrant sa capacité à répondre aux défis conjoncturels en matière de sécurité énergétique pour ses clients européens, en dépit des aléas du marché du fait du conflit en Ukraine.
Ainsi, la part du gaz algérien dans la balance globale des importations italiennes représente plus d’un tiers, précisément 35,52%, selon les dernières statistiques, marquant une progression de 1% sur un an. En creusant davantage dans le détail des flux, la période de janvier à avril 2025 s’avère révélatrice.
Pas moins de 7,259 milliards m³ ont été livrés, soit une augmentation de 5% comparativement aux 6,912 milliards sur la même période en 2024. Ce mouvement à la hausse n’est pas un caprice du marché. Il témoigne d’un ancrage structurel de l’Algérie dans l’équilibre énergétique italien, mais aussi plus largement européen.
Les livraisons mensuelles, lentes mais régulières, oscillent entre 1,577 et 1,833 milliard m³ en été, une constance qui, là aussi, tranche nettement avec la volatilité souvent observée dans le secteur. Cette sorte de leadership du gaz algérien sur le marché européen n’est pas par ailleurs le fait d’une conjoncture favorable ou un moment passager.
Il s’inscrit dans une transformation profonde du marché international du gaz, où les stratégies de diversification des partenaires des pays européens, affectés par le conflit russo-ukrainien, ont redéfini les priorités et les alliances géopolitiques. Et, dans cette nouvelle architecture énergétique des pays de l’UE, Alger devient une pièce maîtresse, non seulement pour l’Italie, mais également par rapport aux autres économies européennes, à la recherche de fiabilité et de stabilité du marché et des prix.
Le cumul des exportations de gaz vers l’Italie sur le premier semestre atteint 31,107 milliards de mètres cubes, confirmant l’ampleur des volumes engagés et la solidité des infrastructures.
Enfin, 2025 sera marquée par l’entrée d’un nouvel acteur dans le portefeuille client du groupe public Sonatrach, à savoir l’Allemand VNG AG, dont le contrat d’approvisionnement en gaz naturel devait entrer en vigueur cette année.

