La Banque d’Algérie assouplit à nouveau les règles concernant les dépôts en espèces pour les comptes commerciaux. Après des restrictions strictes mises en place fin décembre 2025, l’alimentation en cash est de nouveau autorisée, sous réserve du respect rigoureux des procédures de vigilance et de conformité, afin de concilier flexibilité opérationnelle et lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Dans une nouvelle note adressée aux établissements bancaires, la Banque d’Algérie (BA) a remodelé, hier, les règles relatives aux dépôts en espèces, en autorisant à nouveau l’alimentation en cash des comptes commerciaux, tout en insistant sur le respect strict des règles habituelles de vigilance.
«L’alimentation des comptes commerciaux peut s’opérer par les moyens de paiement scripturaux ou par versement d’espèces à concours du chiffre d’affaires quotidien et/ou hebdomadaire», indique la Banque centrale, qui précise que «les opérations de la clientèle doivent être en adéquation avec le profil du client et en cohérence avec les informations que la banque détient à son sujet».
La nouvelle note «annule et remplace la note n°02/DGIG/2025, du 22 décembre 2025», ajoute la Banque d’Algérie, qui précise que «les prescriptions législatives et réglementaires en vigueur, les mesures de vigilance à l’égard de la clientèle doivent être observées comme par le passé. Dans la note citée ci- dessus, et datée du 22 décembre 2025 – limitant le recours au cash à des cas exceptionnels dûment justifiés-, la Banque d’Algérie avait évoqué «le niveau de risque élevé associé aux dépôts en espèces» privilégiant l’alimentation des comptes commerciaux par les moyens de paiement scripturaux».
La BA avait en outre précisé que les mesures prises s’inscrivaient dans le cadre d’une approche fondée sur l’analyse des risques, laquelle impose la mise en œuvre de procédures de vigilance renforcée à l’égard des clients et des opérations classées à risque élevé. Il s’agissait d’observer en particulier les dispositions de l’article 32 du règlement n°24-03 du 18 Moharram 1446 correspondant au 24 juillet 2024, relatif à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive, et de l’instruction n°03-2024 du 24 novembre 2024 relative au devoir de vigilance à l’égard de la clientèle, en plus des orientations émises par la Commission bancaire.
Avant la décision prise hier, la Banque d’Algérie avait commencé par assouplir, fin décembre 2025, la mesure d’interdiction immédiate – fixée au 23 décembre – en accordant un délai d’un mois aux clients disposant de comptes commerciaux pour se conformer à la décision de l’utilisation exclusive des moyens de paiement scripturaux.
Les versements en espèces devaient ensuite être, de nouveau, interdits, «sauf pour des cas exceptionnels et rares dûment justifiés et étroitement liés à l’activité du client. » Le délai est désormais levé, et la Banque d’Algérie applique de nouveau les anciennes procédures en vigueur avant la décision prise le 22 décembre 2025.

