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Quelle attitude l’OPEP adoptera-t-elle face à la situation au Venezuela ?

L’Orénoque s’impose comme l’un des grands enjeux du moment. Le président Donald Trump remet au premier plan la question du contrôle des ressources vénézuéliennes. Pendant ce temps, l’OPEP observe prudemment l’évolution de la situation et ses possibles répercussions sur l’équilibre du marché mondial du pétrole.

Tous les analystes politique et financiers assurent que la vraie raison de l’acte de Donald Trump au Venezuela n’était pas d’arrêter  le président Nicolas Maduro, mais de s’emparer des immenses gisements pétroliers du pays.

C’est un fait maintenant avéré.  Aujourd’hui, tout le monde sait que le président américain ne voulait rien d’autre que s’emparer de son pétrole. Dès la fin de l’opération militaire, il l’a dit clairement : « Des entreprises américaines vont venir dépenser des milliards de dollars pour réparer les infrastructures vénézuéliennes et exploiter les réserves massives de pétrole du pays ».

Or, Caracas est assise sur quelque 1 360 milliards de pétrole lourd et extra-lourd dont au moins 17% sont économiquement exploitables, soit environ 303 milliards de barils de réserves prouvées. C’est énorme, et pour cela, les Etats-Unis ont travaillé pour mettre politiquement en difficultés le pays, et, économiquement, imposer un drastique embargo pétrolier. Résultat : Maduro est encerclé, pris au piège.

L’annonce du prix Nobel de la Paix 2025 pour une opposante du pays n’était que la pré-confirmation de l’intervention militaire, et, dans la foulée, l’autre confirmation que Trump n’était obnubilé que par le pétrole du Venezuela que Chavez avait nationalisé en 1976 et chassé les compagnies américaines.

Aujourd’hui, la donne, par contre, est compliquée pour l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont Caracas est un membre important, même s’il ne pompe pas assez face aux difficultés politiques et techniques, matérielles également, les puits de pétrole du Venezuela étant mal gérés et fonctionnant au ralenti.

Pour autant, les pays de l’Opep observent avec inquiétude cette nouvelle donne géopolitique qui vient troubler, et vraisemblablement pour longtemps, la manière dont l’organisation gère les prix et régule le marché. Or, Trump veut de l’immédiat, et l’immédiat pour lui est de commencer très vite à mettre en chantier les installations pétrolières de l’Orénoque, là où est concentré le plus grand nombre de puits du Venezuela.

Sa surface est de 55 314 kilomètres carrés. Elle s’étend sur le territoire des États d’Anzoátegui, de Monagas et de Guárico. Pour les experts, c’est comme un grand bassin rempli de pétrole, même si son traitement nécessite beaucoup d’argent car très lourd. Hier, le prix du brut de référence BRENT était à 61,48 dollars, en baisse, affecté par l’invasion du Venezuela, dont les effets n’ont pas encore influé directement sur les marchés, encore moins les commandes ou les livraisons.

L’Opep reste de son côté dans une position attentiste, et n’a pas encore réagi à ce changement politique violent à Caracas. Forte de sa force sur le marché et sa propension à le stabiliser lors de périodes de tension, l’Organisation observe pour le moment le cours des événements.

Adoptant une attitude prudentielle, l’Opep a déclaré dans un communiqué daté du 4 janvier, deux jours après l’enlèvement de Maduro, qu’elle continuera « de suivre et d’évaluer de près la situation du marché et, dans le cadre de leurs efforts constants pour soutenir sa stabilité », elle a « réaffirmé l’importance d’adopter une approche prudente et de conserver une pleine flexibilité… ».

Voilà, du côté de l’Opep donc, aucune appréhension quant à une menace imminente ou prochaine quant à son existence par rapport au coup de force de Trump. Certes, les Etats-Unis, sous Trump, veulent trois choses à imposer au monde : d’abord aucune restriction dans l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste, ensuite industrialisation à plein régime en dépit des alertes des écologistes soucieux de préserver le seuil admis de pollution de la planète, et troisièmement, une domination complète sur le commerce mondial.

L’Opep, dans cette configuration, pourrait devenir un allié du marché, même si l’actuelle administration américaine n’est pas très chaude à regarder l’organisation tenir le marché en laisse, une attitude prudentielle qui arrange les majors américaines soucieuses de voir la courbe des prix s’envoler, sans pour autant concéder un ralentissement de la production.

Les compagnies américaines vont dans un premier temps accélérer la production pour amortir leurs frais, ensuite  viendra très probablement un moment où les pays membres de l’Opep devront discuter directement avec Trump sur la façon de réguler le marché. Ceci bien entendu jusqu’à la fin de son mandat.

Dernier élément qui va dans le sens de Trump et la production à outrance d’or noir : de récents rapports ont montré que le tout électrique va bientôt perdre de sa vigueur face aux énergies fossiles.

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L'express quotidien du 07/01//2026

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