De nouvelles mesures d’assouplissement monétaire ont été décidées en ce début d’année par la Banque centrale d’Algérie, en particulier les taux de crédits pour le financement de l’économie et des banques sur le marché interbancaire local.
La Banque d’Algérie a ainsi révisé à la baisse, pour la seconde fois en moins de six mois, son taux directeur applicable aux opérations principales de refinancement de l’économie pour le ramener de 2,75% à 2,5%, et, dans la foulée du taux de réserves obligatoires auquel sont soumises les banques primaires, le fixant désormais à 1%, contre 2% auparavant.
Aussi, à la faveur de ce nouvel ajustement du taux directeur, les banques commerciales ou les banques de la place vont pouvoir désormais se refinancer auprès de la Banque centrale, ainsi que sur le marché interbancaire à un taux plus favorable.
Une démarche qui permet aux banques de la place de revoir elles-mêmes leurs taux applicables autant à l’économie, aux institutions financières ou aux grands opérateurs de l’Etat, comme l’AADL ou Cosider et leurs chantiers d’habitat et d’infrastructures.
Ces mesures d’assouplissement monétaire sont autant une source de financement supplémentaire sur un marché demandeur, que des moyens rapides et à un taux moins coûtant d’accès aux crédits pour soutenir l’économie nationale.
Dans la foulée, la BA a décidé la baisse du taux des réserves obligatoires (TRO), c’est-à-dire du seuil limite des avoirs que les banques de la place sont obligées de détenir en compte auprès de la Banque centrale pour répondre à tout risque monétaire, une mesure prudentielle pour éviter en réalité qu’une banque primaire (BNA, CPA, BDL, Badr) ne fasse faillite.
Mais en même temps cette mesure permet aux banques de la place de disposer de plus de liquidités pour faire face aux demandes de crédits des entreprises économiques et aux ménages.
Le tout nouveau gouverneur par Intérim de la BA a ainsi signé de nouvelles mesures de révision à la baisse, à effet immédiat, de certains taux directeurs. Fin août dernier, rappelle-t-on, le Conseil monétaire et bancaire (CMB), réuni le 28 août dernier en session ordinaire, avait décidé d’abaisser le taux directeur de 25 points de base, le fixant à 2,75% contre 3% auparavant.
En outre et lors de la même réunion, consacrée à l’examen de la conjoncture économique et monétaire, ainsi qu’aux mesures de politique monétaire à mettre en œuvre, le CMB avait également réduit le taux de la réserve obligatoire de 100 points de base, le ramenant à 2% contre 3% précédemment.
Selon un communiqué du CMB, cet assouplissement ‘’vise à renforcer la capacité du système bancaire à financer l’économie nationale, à la lumière des évolutions récentes et des perspectives à moyen terme.’’ Quant aux indicateurs économiques, le CMB avait relevé ‘’une nette décélération de l’inflation’’.
En glissement annuel, l’inflation globale est tombée à 0,35% en juillet 2025, soit une baisse de 6 points par rapport au même mois de 2024. L’inflation moyenne annuelle a également reculé à 3,14% en juillet 2025, contre 6,12% en juillet 2024. Les statistiques du second semestre 2025 devraient tomber dans quelques semaines.
Par ailleurs et pour recadrer les agrégats microéconomiques, la Banque d’Algérie avait fait état mercredi 31 décembre 2025 d’une nouvelle note adressée aux banques et établissements financiers, fixant les plafonds des taux d’intérêt appliqués aux crédits, valables pour le premier semestre 2026.
Les taux d’intérêt des crédits à la consommation sont ainsi plafonnés à 10,36 % (-0,21 point par rapport au semestre précédent), 7,56 % pour les crédits à court terme (-0,12 point), 6,93 % pour les crédits à moyen terme (-0,06 point) et 6,40 % pour les crédits à long terme (+0,08 point). Pour les crédits destinés au financement de l’habitat, le seuil des taux jugés excessifs a été fixé à 7,55 % (+0,01 point), tandis que celui du leasing s’établit à 11,01 % (-0,38 point), selon la même note.
Quant au plafond des découverts bancaires, il a été fixé à 8,26 %, soit une baisse de 0,40 point par rapport au deuxième semestre 2025, précise la Banque d’Algérie. Renouvelables chaque semestre, ces plafonds sont calculés sur la base du taux effectif moyen pratiqué au semestre précédent par les banques et établissements financiers pour des opérations de même nature, majoré de 10 %, conformément à l’instruction de la Banque d’Algérie, publiée en 2016 et modifiée en 2021.
A travers la fixation de ces seuils, la Banque d’Algérie vise à protéger les consommateurs de services financiers contre toute surfacturation ou dérive excessive dans les taux appliqués aux différentes catégories de crédits consentis à la clientèle. Selon le CMB, l’inflation sous-jacente a baissé, passant de 3,92% en juillet 2024 à 2,58% en juillet 2025, confirmant le repli durable de l’inflation, restée durant plusieurs mois consécutifs en dessous de l’objectif de la politique monétaire.
Le CMB a également constaté une croissance modérée de la masse monétaire au sens large, évaluée à 3,81% à fin juin 2025 par rapport à fin décembre 2024.
Cette progression est principalement due à la hausse des crédits à l’économie, en augmentation de 5,36% sur le premier semestre 2025, contre une croissance de 5,26% pour l’ensemble de l’année 2024.
Enfin, la croissance économique a été vigoureuse au cours du premier trimestre de 2025, affichant 4,5% contre 4,2% à la même période de 2024, grâce à une croissance réelle record des secteurs hors hydrocarbures de 5,7% au premier trimestre de 2025 contre 4,3% au premier trimestre de 2024, note encore le CMB de la Banque d’Algérie.
Le communiqué souligne enfin que le CMB reste attentif aux évolutions économiques nationales et internationales et se tient prêt à ajuster ses instruments de politique monétaire en fonction des objectifs fixés.
Les crédits à l’économie accordés par le secteur bancaire ont atteint 11.256,5 milliards de dinars (mds DA) à fin 2024, enregistrant une hausse de 5,3% sur un an, selon le rapport annuel de la Banque d’Algérie.
Cette évolution traduit « une dynamique de financement stable », a souligné la Banque centrale, précisant que les banques publiques ont assuré 72,9% de l’accroissement global des crédits, contre 27,1% pour les banques privées.
Par statut juridique, l’encours de crédits accordés au secteur public a atteint 4.567,6 mds DA à fin 2024, contre 4.458,6 mds DA un an auparavant, soit une progression de 2,4 %, selon le rapport de la Banque d’Algérie.
Le secteur privé a, pour sa part, bénéficié de 6.688,9 mds DA de financements, contre 6.236,3 mds DA à fin 2023, enregistrant une hausse de 7,3%.

