L’Algérie a alloué environ 2 400 milliards de dinars au développement et à la modernisation de son réseau ferroviaire. Cette initiative s’inscrit dans une vision stratégique visant à soutenir le développement économique et social. C’est ce qu’a révélé, hier, le directeur d’études et de contrôle de gestion à l’ANESRIF, M. Nabil Boubaya lors de son intervention à la radio chaine 1.
M. Boubaya a expliqué que le ministère des Travaux publics supervise la mise en œuvre des différents projets du programme national de développement du réseau. Actuellement, ce dernier s’étend sur 5 738 kilomètres à travers les provinces du pays. L’achèvement de la ligne minière de l’Ouest, prévu pour fin 2025, contribuera à dynamiser le développement national et régional.
Il a affirmé que les projets réalisés au cours des six dernières années ont permis un bond qualitatif dans le secteur, portant le réseau ferroviaire de moins de 4 000 km à plus de 1 700 km de nouvelles lignes. Cela a permis la mise en place d’un train toutes les demi-heures en Algérie, témoignant d’une nette amélioration du rythme des transports et de la qualité du service.
Il a considéré ces lignes comme un véritable pilier de soutien sur les plans socio-économique, compte tenu de leur importance stratégique pour la Société Nationale des Transports Ferroviaires (SNTF) et pour le développement local et régional.
M Boubaya a également exprimé l’espoir des pouvoirs publics de connecter à l’avenir le réseau ferroviaire aux pays voisins du Maghreb et d’Afrique, en tirant parti de la position stratégique de l’Algérie comme porte d’entrée vers le continent africain. Ceci est particulièrement pertinent pour relier les zones commerciales et industrielles frontalières et améliorer le transport de de passagers et de marchandises dans des délais raisonnables.
Il a souligné que parmi les principaux avantages du transport ferroviaire figurent la réduction des coûts de transport, sa disponibilité en cas d’urgence pour assurer la livraison rapide des approvisionnements et sa contribution à la réduction des embouteillages, notamment dans les zones connaissant des points de congestion. Concernant les projets prévus, M. Boubaya a expliqué que le programme de développement du réseau ferroviaire repose sur plusieurs axes clés, notamment la ligne minière de l’Ouest, qui relie Oran et Arzew à Gara Djebilet, en passant par Béchar et Tindouf, pour une longueur totale d’environ 950 km. Cette ligne est conçue pour transporter annuellement 50 millions de tonnes de minerai de fer et 25 millions de tonnes de produits transformés et contribuera au développement économique et social des provinces du Sud.
Il a souligné que le projet a été réalisé en grande partie grâce à des compétences nationales et à la coordination entre plusieurs ministères, dont le ministère de la Défense nationale, ainsi que les autorités locales compétentes.
Quant à l’axe Nord, il s’étend sur 1 822 km et relie l’est et l’ouest du pays. Plusieurs projets ont été menés à bien pour moderniser la ligne, doubler les voies, augmenter sa capacité et moderniser les réseaux de signalisation et de communication. De même, l’axe des Hauts Plateaux, long de 1 046 km, ne compte plus que 73 km de travaux à réaliser, dont l’achèvement est prévu pour 2026. Il reliera les Hauts Plateaux de Tébessa à l’est à Sidi Bel Abbès à l’ouest.
La Ligne Minière de l’Est, d’une longueur de 422 km, est dédiée au transport du phosphate et de ses dérivés. Plusieurs tronçons devraient être achevés cette année, parallèlement à la modernisation de la signalisation et de l’électrification. L’Axe Est, reliant les ports de Skikda et de Jijel (port de Djendjen) à la ville de Touggourt, devrait être prolongé ultérieurement jusqu’à Hassi Messaoud.

