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Les syndicats sonnent l’alarme face à la dérive du Makhzen

Le Maroc est traversé par des turbulences sociales accentuées par la crise économique qui aggrave les conditions de vie des Marocains. Devant cette situation, plusieurs syndicats, à l’exemple de la FDT et l’UNTM, lancent des alertes. Ils pointent du doigt la gestion autoritaire du gouvernement qui est déconnecté de la réalité.

Alors que le Maroc traverse une période de fortes turbulences sociales, plusieurs organisations syndicales tirent la sonnette d’alarme. La Fédération démocratique du travail (FDT) et l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM) dénoncent avec virulence les pratiques du gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch, accusé d’exacerber les tensions par une gestion autoritaire.

Dans un climat marqué par la montée des manifestations populaires et la détérioration des conditions de vie, ces centrales appellent à l’unité pour défendre les droits des travailleurs.

La FDT, qui regroupe des dizaines de syndicats, décrit le pays comme traversant « une phase délicate et décisive ». Selon elle, la logique gouvernementale privilégie les calculs politiques étroits au détriment des déséquilibres profonds qui minent l’économie et la société.

La centrale met en garde contre une explosion sociale imminente, citant notamment la multiplication des manifestations et ce qu’elle qualifie d’« évasion forcée » du Premier ministre Aziz Akhannouch, qui éviterait la confrontation directe et la reddition de comptes.

De son côté, l’UNTM exprime une « profonde préoccupation » face à la dégradation des conditions sociales et professionnelles de la classe ouvrière. Elle accuse les politiques du gouvernement de saper les acquis sociaux, de vider le dialogue social de sa substance et de perpétuer une logique d’exclusion.

Parmi les griefs : la hausse continue des prix, le gel des salaires, la faiblesse des mesures d’accompagnement social, ainsi que le retrait des engagements pris lors des précédents cycles de dialogue.

L’UNTM dénonce également les atteintes aux libertés syndicales, les tentatives de restriction du travail syndical et l’exclusion des centrales représentatives des institutions constitutionnelles, en violation du pluralisme syndical. Ces critiques s’inscrivent dans un contexte plus large de mécontentement populaire, alimenté par la perte de pouvoir d’achat et la fragilisation des emplois.

Les syndicats pointent du doigt la propagation de modèles d’emploi précaires, la montée des conflits d’intérêts et l’influence croissante des lobbies. Face à cette situation, la FDT et l’UNTM appellent à des efforts unifiés pour contrer l’« empiétement du Makhzen » et restaurer un vrai dialogue social.

Elles insistent sur la nécessité d’une réforme réelle, inclusive et respectueuse des droits fondamentaux, loin des pratiques actuelles jugées néfastes pour la stabilité du pays.

Dans un Maroc où les tensions sociales s’accumulent à l’approche des échéances électorales de 2026, ces alertes syndicales soulignent un malaise profond. Reste à savoir si le pouvoir saura entendre ces voix ou si la contestation, déjà palpable dans les rues, prendra une ampleur encore plus grande. L’avenir social du royaume en dépend largement.

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L'express quotidien du 29/01//2026

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