La carte électronique pour les personnes démunies sans assurance sociale permet d’accéder à 5 500 médicaments traitant les maladies chroniques et aiguës. L’utilisation de la carte, sur le principe du tiers payant, se fait au niveau des plus de 13 000 pharmacies conventionnées, avec la sécurité sociale. Au troisième jour de son lancement, près de 3000 personnes bénéficient de ce dispositif », a indiqué hier Abdelhafid Djeghri, directeur des prestations à la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS).
S’exprimant dans l’émission « L’Invité de la redation» sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, le directeur des prestations à la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS), Abdelhafid Djeghri a indiqué que la carte électronique pour les personnes démunies sans assurance sociale permet d’accéder à 5 500 produits pharmaceutiques, couvrant aussi bien les affections chroniques que les maladies aiguës. M. Djeghri a également souligné que « l’accès aux médicaments se fait désormais à travers le réseau national des officines privées conventionnées avec la sécurité sociale. « Plus de 13 000 pharmacies sont aujourd’hui partenaires de la CNAS, offrant ainsi une proximité géographique et un accès facilité aux bénéficiaires, quel que soit leur lieu de résidence », a-t-il dit.
Pour M. Djeghri, « la carte électronique constitue un tournant en matière de modernisation de la gestion. Toutes les informations nécessaires à l’identification du bénéficiaire, à ses droits et, le cas échéant, à ses traitements chroniques y sont intégrées. Cette dématérialisation permet d’alléger les procédures, de réduire l’usage du papier et de garantir une meilleure fluidité dans l’accès aux soins. Pour les enfants mineurs atteints de maladies chroniques, une carte individuelle est délivrée afin de permettre un suivi médical régulier et des soins récurrents sans contrainte ».
Sur le plan opérationnel, Abdelhafid Djeghri a précisé que « la CNAS s’est fixé un délai de 15 jours après réception des listes validées par les commissions de wilaya pour produire et acheminer les cartes. À ce jour, plus de 375 personnes, auxquelles s’ajoutent leurs enfants mineurs, ont déjà été recensées dans 23 wilayas, et les estimations font état de 2 000 à 3 000 bénéficiaires potentiels à l’échelle nationale ».
Le même responsable a souligné « l’importance du contrôle et du suivi », soulignant que « le système électronique permettra de prévenir les abus, de contrôler la cohérence entre prescriptions et états de santé, et de constituer une base de données fiable pour orienter les futures décisions en matière de protection sociale ».
Pour Abdelhafid Djeghri, ce dispositif officiellement mis en œuvre ce lundi incarne la « volonté de l’État » d’assurer un accès équitable aux soins et de renforcer progressivement l’intégration sociale des personnes les plus vulnérables ». Cette carte s’adresse en effet, à une catégorie bien précise de citoyens : les personnes sans revenus, non affiliées à un régime de sécurité sociale et ne bénéficiant d’aucun dispositif de soutien existant. Contrairement aux salariés, aux chômeurs indemnisés, aux personnes en situation de handicap ou aux bénéficiaires des allocations de solidarité, ces citoyens ne disposaient jusque-là d’aucune couverture leur permettant d’accéder régulièrement aux médicaments ».
Il y a lieu de préciser que pour être reconnue comme personne démunie non assurée sociale, la démarche commence au niveau de l’Assemblée populaire communale du lieu de résidence. Le citoyen concerné doit y déposer un dossier administratif attestant de sa situation sociale. Après enquête, le dossier est transmis à une commission de wilaya qui statue officiellement sur l’éligibilité. Une fois cette qualité reconnue, la personne peut bénéficier du nouveau dispositif prévu par le décret exécutif 24-287 fixant les modalités de prise en charge médicale des démunis non-assurés sociaux.

