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Ségolène Royal en visite à Alger: Un message en faveur du dialogue

Ségolène Royal est à Alger depuis ce lundi pour une mission à caractère économique et associatif, dans un contexte marqué par des tensions diplomatiques persistantes entre Paris et Alger.

Ce déplacement, organisé à l’invitation de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI), illustre toutefois la continuité des échanges entre les acteurs économiques des deux pays, en dépit des crispations politiques.

L’ancienne ministre française entame cette visite dans le cadre de ses nouvelles fonctions à la tête de l’Association France-Algérie (AFA), dont elle a pris la présidence le 18 décembre 2025, succédant à Arnaud Montebourg.

Le programme prévoit une série de rencontres avec des responsables économiques et institutionnels algériens, visant à dynamiser la coopération commerciale, encourager les investissements croisés et identifier de nouveaux partenariats stratégiques entre entreprises françaises et algériennes.

Fondée en 1963, au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, l’Association France-Algérie occupe une place singulière dans l’architecture du dialogue bilatéral.

Active sur les plans économique, culturel et institutionnel, elle s’est donné pour mission de maintenir des canaux de coopération durables entre les deux rives de la Méditerranée. Longtemps présidée par des figures politiques françaises telles que Jean-Pierre Chevènement, l’AFA ouvre aujourd’hui un nouveau « cycle » sous la direction de Ségolène Royal, dans un contexte diplomatique plus contraint mais marqué par la volonté partagée de préserver les relations de fond entre les deux pays.

Cette visite intervient alors que les relations officielles entre Paris et Alger connaissent un ralentissement depuis l’été 2024. Pour autant, les échanges économiques et les initiatives de la société civile se poursuivent, portés par des réseaux institutionnels et associatifs soucieux de maintenir un lien de confiance et de travail.

La mission de Ségolène Royal s’inscrit dans cette logique de continuité, en misant sur le dialogue économique comme levier de rapprochement.

Quelques jours avant son déplacement, la présidente de l’AFA s’est exprimée publiquement lors d’une conférence organisée par l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), intitulée « Demain, la France et l’Algérie». Elle y a défendu la nécessité d’aborder de manière frontale les questions mémorielles, qu’elle considère comme un préalable à une relation apaisée et durable.

Sans inscrire son propos dans une perspective partisane, elle a appelé les autorités françaises à reconnaître les crimes coloniaux commis en Algérie, à procéder à la restitution des biens culturels, des archives et des restes humains, et à traiter de façon exhaustive le dossier des essais nucléaires français menés dans le Sahara dans les années 1960.

Selon Ségolène Royal, la sortie de l’impasse diplomatique passe par une approche fondée sur le droit et la vérité historique, associée à une transparence totale sur les conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires, en vue d’une évaluation rigoureuse et d’une dépollution des sites concernés.

En se rendant à Alger, l’ancienne ministre entend ainsi conjuguer relance économique et dialogue politique de long terme, dans un esprit de coopération et de respect mutuel.

Cette visite illustre bien la persistance de liens structurels entre la France et l’Algérie, portés par des acteurs économiques, associatifs et institutionnels déterminés à maintenir une relation bilatérale active et constructive.

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