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Alger

Partenaire stratégique et fournisseur fiable de gaz: L’Algérie dans le cercle restreint de l’UE

C’est dans un contexte énergétique mondial stressant pour l’Union européenne que va se déplacer, ce jeudi à Alger, son Commissaire à l’Energie, Dan Jorgensen.

La donne sur les fournitures de gaz et de GNL, deux produits écologiques dits ‘’verts’’ les plus utilisés par les européens pour leurs industries et leur confort domestique, a changé avec la guerre en Ukraine, le boycott du gaz russe via la plateforme RepowerUE avec le projet SoutH2Corridor, et la nécessité de se ménager une porte de sortie vis-à-vis du gaz américain.

En clair, Bruxelles cherche des fournisseurs fiables qui ne soient ni américain, ni proches de la Russie, mais des opérateurs crédibles et produisant leur propre gaz et produits dérivés.

La semaine dernière, le Commissaire européen à l’Energie avait précisé cette attitude de Bruxelles : la Commission européenne continuera de chercher à élargir son éventail de fournisseurs, avec le Canada, le Qatar et l’Algérie pour la partie GNL.

La déclaration de Jorgensen intervient au lendemain de la décision de l’UE portant sur l’interdiction de signature de nouveaux contrats d’importation de gaz russe à partir du 25 avril.

En fait, Bruxelles ne veut pas faire l’erreur de l’année 2022, où la dépendance au gaz russe a plongé le vieux continent dans le noir. En outre, face au GNL US, Bruxelles reste inflexible et ne veut pas dépendre, là également, d’un seul fournisseur.

‘’ Bruxelles ne souhaitait pas une guerre commerciale avec Washington et que l’UE s’inquiétait de plus en plus du risque de remplacer une dépendance par une autre’’, a expliqué Jorgensen, après que l’UE ait abandonné le GNL russe au profit du GNL américain à la suite du conflit en Ukraine.

‘’Nous n’avons jamais eu pour politique de réduire nos échanges avec les États-Unis et nous ne voulons pas de conflits commerciaux’’, a-t-il affirmé avant d’ajouter qu’il est également ‘’évident que les bouleversements géopolitiques ont été un signal d’alarme. Nous devons être capables de prendre soin de nous-mêmes’’, a-t-il ajouté dans des déclarations rapportées par l’agence Swissinfo.

Il est dès lors évident que l’Algérie se place en pole position pour les approvisionnements futurs en produits pétroliers, dont le gaz et le GNL, algériens.

La visite à Alger du Commissaire européen à l’Energie intervient dans ce contexte géopolitique et économique international fort éprouvant pour les Européens, qui ne veulent ni d’une dépendance au gaz US, ni de la Russie pour se chauffer et faire tourner leurs usines.

Cette visite à Alger d’un haut responsable de Bruxelles a comme mission principale de “consolider le partenariat énergétique” entre les deux parties, avait rapporté lundi  9 février l’agence de presse italienne Agenzia Nova.

Car l’Europe veut aujourd’hui plus de gaz, plus de GNL en provenance d’Algérie autant par gazoducs (Transmed et Medgaz) que par mer. Cette visite du commissaire européen intervient au lendemain de la décision de l’UE de réorganiser ses approvisionnements gaziers, dans le cadre de son objectif de cesser les importations de Russie d’ici fin 2027, selon l’agence italienne.

La présence à Alger de Jorgensen coïncide également avec une nouvelle décision européenne en faveur du gaz algérien, dont le GNL, qui est exempté d’une nouvelle disposition de contrôle de l’origine mise en place par l’UE.

L’exemption concerne aussi le GNL américain et qatari. Or, les autres fournisseurs sont tenus de déclarer l’origine de leurs cargaisons au moins cinq jours avant leur arrivée dans les ports européens. Selon la plateforme spécialisée “Attaqa” (L’Energie en arabe), cette exemption “confirme le rôle de l’Algérie en tant que partenaire énergétique fiable et stratégique pour l’Union européenne”.

Dorénavant, rien n’empêche Bruxelles d’entamer une autre forme de partenariat avec l’Algérie, avec au sommet de cette nouvelle relation l’Energie avec ses différentes composantes. Car en 2025, Bruxelles s’est fourni à 95 % de GNL algérien, avec notamment 3,14 millions de tonnes pour la Turquie, 2,31 millions pour la France, 1,62 million à l’Italie, 1,44 million de tonnes à l’Espagne et 640 000 tonnes au Royaume-Uni.

En 2025 par ailleurs, l’Algérie a détrôné les États-Unis au rang de premier fournisseur de GNL pour l’Espagne. Selon l’agence italienne, il y a une forte dépendance européenne, croissante d’ailleurs, au GNL, avec des importations record en 2025, 103,44 millions de tonnes, en hausse de 24 % par rapport à 2024.

L’Algérie est parmi le “nombre restreint de partenaires clés” de l’Europe, concentrant, avec les États-Unis, la Russie et le Qatar, 90 % des approvisionnements totaux de l’UE. Bien plus, l’Algérie devrait devenir dans les toutes prochaines années un acteur majeur dans l’approvisionnement de l’Europe en énergie verte et, surtout, un partenaire fiable et crédible après que Bruxelles ait entériné la fin des approvisionnements des pays de l’UE en gaz russe à travers l’initiative RepowerUE.

Le projet énergétique européen South2, lancé au mois de janvier 2025 à Rome avec la participation de l’Algérie à travers le groupe Sonatrach, a réuni à Vienne ministres de l’Énergie et responsables économiques de plusieurs pays européens, qui ont confirmé leur engagement à accélérer la concrétisation du projet, un gigantesque corridor énergétique reliant l’Algérie, via la Tunisie, à l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne à travers un réseau de 3300 km.

Ce projet d’envergure représente une infrastructure stratégique pour la transition énergétique européenne, notamment la fourniture par l’Algérie de l’énergie verte à travers ses installations de transport de gaz. Il permettra surtout d’acheminer de l’hydrogène vert produit en Algérie vers les principaux pôles industriels européens à des prix compétitifs, tout en consolidant la sécurité énergétique et les objectifs climatiques de l’Union européenne.

Jeudi à Alger, les discussions entre le Monsieur Energie européen et les responsables algériens devront marquer une nouvelle ère de la coopération énergétique entre Alger et Bruxelles.

Un atout majeur pour l’Algérie : un investissement de près de 60 milliards de dollars dans les énergies vertes pour les toutes prochaines années, annoncé par l’Algérie lors de la 13eme édition du Napec, tenue en octobre 2025 à Oran.   

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L'express quotidien du 26/03//2026

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