Un mois après son annonce en janvier, la Commission nationale pour la gestion de Gaza reste paralysée, incapable d’entrer en action face à une crise humanitaire sans précédent et une agression continue.
Née sous pression internationale et dans le sillage de la résolution 2803 de l’ONU appelant à un acheminement sans entrave de l’aide, elle peine à assumer ses missions consistant en la gestion des institutions publiques, la reconstruction et la transition postconflit. Bloquée par le refus israélien d’accès, sans budget ni structure, elle existe plus sur le papier que sur le terrain.
Les critiques fusent de partout. Rami Abdo, président de l’Observatoire euroméditerranéen des droits de l’homme, dénonce une « façade palestinienne » pour des arrangements sécuritaires américano-israéliens.
Basé sur un document confidentiel, il révèle un plan pour les cent premiers jours axé sur un « gouvernement fantôme » en exil, piloté par un centre civilo-militaire sous commandement US et le haut représentant Nikolay Mladenov.
Pas de priorité à la fin de l’agression ou à la reconstruction, mais un contrôle financier des salaires pour restructurer l’administration selon des critères politiques. Il ne s’agit de rien de plus qu’une « prise de contrôle financière » classique.
Abdo alerte aussi sur le « nouveau ghetto de Rafah », camps financés par les Émirats, soupçonnés d’isolement forcé contraire au droit international.
Côté commission, on minimise les critiques. Son président Ali Shaath affirme attendre des « pleins pouvoirs » administratifs, policiers et civils pour agir. Elle promet aide humanitaire, unité nationale et reconstruction, appelant les médiateurs à lever les obstacles.
Mais l’analyste Wissam Afifa pointe des échecs internes allant de l’absence de fonds aux questions logistiques en suspens (locaux, sécurité, armes) en passant par l’absence de structure claire et de pression sur Israël pour respecter le cessez-le-feu.
En effet, depuis le cessez-le-feu du 10 octobre, 618 Palestiniens ont été tués et 1 602 blessés à Gaza. Entre légitimité nationale et efficacité réelle, la commission risque de n’être qu’un pion dans un échiquier complexe, tandis que Gaza continue de saigner et Israël de consolider sa colonisation.

