La zone franche algéro-mauritanienne entre dans une phase concrète. À Tindouf, les travaux avancent à un rythme soutenu, traduisant la volonté des deux pays de transformer leur coopération frontalière en un véritable levier de développement économique et d’intégration régionale.
Dans sa stratégie pour l’Afrique, l’Algérie a mis en place une approche associant les dimensions économique et commerciale, fondée sur une cohésion économique, sociale et territoriale. Il s’agit d’une vision intégrée de la coopération régionale adoptée par l’Algérie dans son interaction avec sa profondeur africaine.
La création d’une zone franche avec la Mauritanie, dont l’Algérie veut assurer le succès, s’inscrit dans cette vision et ses objectifs. Les travaux avancent d’ailleurs de manière satisfaisante. Vendredi dernier, le wali de Tindouf a effectué une visite d’inspection du projet.
Le wali et la délégation qui l’accompagnait ont constaté, à cette occasion, une amélioration notable dans les différentes installations et infrastructures de base. Des instructions ont été données afin d’inciter les entreprises à redoubler d’efforts et à intensifier le travail pour respecter les délais prévus pour la livraison du projet.
Il s’agit d’un projet vital visant à soutenir l’investissement, à promouvoir les échanges commerciaux et à renforcer le développement local dans la région. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et le président de la République islamique de Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, avaient procédé, fin février 2024, à la pose de la première pierre de la zone.
Le projet, dont l’importance a été soulignée, complète l’offre de coopération bilatérale entre les deux pays. Il devrait contribuer à donner davantage de consistance au volume des échanges commerciaux, qui connaissent actuellement une croissance continue entre l’Algérie et la Mauritanie.
Compte tenu de sa position frontalière, cette zone franche devrait également apporter une plus-value et donner un nouvel élan aux activités commerciales entre les deux pays ainsi qu’avec les pays de la région, laquelle enregistre un volume important d’importations et d’exportations.
Alger et Nouakchott ont tout à gagner dans le commerce de divers produits. Mais, au-delà de l’intérêt strictement commercial, les deux États aspirent à faire de cette zone un véritable moteur de développement social et économique. Et c’est peut-être là l’essentiel. La mise en place de cette zone de libre-échange fera ainsi de la wilaya de Tindouf un pôle économique d’envergure.
Avec le raccordement à la fibre optique, en projet, des différentes régions de la wilaya de Tindouf et des wilayas frontalières, les réseaux de communication devraient encore accélérer le développement et faciliter les échanges commerciaux avec les pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.
Les projets à effet rapide continuent d’être renforcés dans la région, notamment avec la réalisation de la ligne ferroviaire reliant la région de Tindouf, dans l’extrême Sud-Ouest, au nord du pays, afin de servir de connexion entre le Sahel et la Méditerranée. S’y ajoute le grand projet de la route reliant Tindouf à Zouérate, longue de 773 km, dont 77 km se trouvent sur le territoire national.
L’Algérie et la Mauritanie avancent ainsi à grands pas dans la mise en place de cette zone franche. Les deux pays établiront divers instruments juridiques destinés à l’encadrer.
Une liste de produits éligibles sera également dressée pour les sociétés établies dans la future zone afin de leur permettre de bénéficier d’avantages douaniers ou autres. Les échanges commerciaux s’effectueront dans le cadre de cette zone, et l’activité devrait évoluer avec le temps. Il serait également possible d’y accueillir des entreprises ou des concessionnaires automobiles appelés à développer davantage l’activité économique.

