5.9 C
Alger

Le scénario d’une guerre éclair a changé

Marchés affolés, le brut à des niveaux de 2008, indices en berne et risque de hausse des taux bancaires : une semaine après le début de l’agression américano-sioniste contre l’Iran, tous les scénarios possibles sont désormais sur la table, mais pas forcément ceux prévus par l’opération « Fureur épique », qui échappe aux plans militaro-politiques prévus par Washington.

Le fait est que la guerre d’agression se poursuit contre l’Iran, qui réplique avec ses propres moyens dans un contexte politique local nouveau avec la désignation du fils d’Ali Khamenei comme nouveau guide suprême du pays.

Les autorités iraniennes restent sur leur position, c’est-à-dire celle de pays agressé par la première puissance militaire mondiale, son allié sioniste, et certains pays de l’Otan comme la France, et donc qui a le droit de se protéger et se défendre.

L’une des mesures prises par Téhéran devant cette agression injustifiée et cette violation des lois internationales, devant des centaines de milliers de bombes et de missiles qui s’abattent sur le pays depuis une semaine, est la fermeture sine die du détroit d’Ormuz, par où transitaient quotidiennement près de 20% de la consommation mondiale de pétrole.

L’arrêt de la production des pays producteurs de la région, dont l’Irak, le Koweït, l’Arabie Saoudite, le Qatar pour le gaz a pétrifié les marchés et acculé les pays européens à se concerter, avec l’AIE, sur un très possible recours aux réserves stratégiques pour endiguer la hausse vertigineuse des cours du brut.

Car hier lundi, les prix du pétrole se sont envolés pour dépasser en Europe et en Asie les 110 dollars/baril. Le Brent a ainsi touché un pic à 119,50 dollars le baril et le WTI 119,48 dollars. Avant même l’envolée de lundi, les deux références de brut ont grimpé respectivement de 28% et de 36% la semaine dernière.

Ces sommets sont à comparer aux sommets historiques atteints en 2008, où les contrats s’échangeaient à environ 147 dollars le baril, selon les données statistiques, qui remontent aux années 1980.

L’envolée des cours hier s’est quelque peu calmée après que le Financial Times a rapporté plus tôt dans la journée que les ministres des Finances du G7 devaient discuter (hier) lundi d’une libération conjointe des réserves stratégiques de pétrole, une information confirmée par une source au sein du gouvernement français, qui a dit qu’un recours des Européens aux réserves était « une option envisagée ».

D’autre part, l’annonce que l’Irak a réduit sa production pétrolière de 70% pour atteindre seulement 1,3 million de barils par jour après la fermeture du détroit d’Ormuz, a tétanisé les marchés.

Dans ce maelström de hausse des prix du pétrole et du gaz, la baisse générale des indices boursiers, et les risques inflationnistes, la nomination de Mojtaba Khamenei pour succéder à son père l’ayatollah Ali Khamenei à la tête de l’Iran a désarçonné les marchés et risque de faire durer l’agression américano-sioniste contre Téhéran, Washington voyant ainsi s’éloigner la perspective d’une guerre éclair, qui semble devoir durer, ce qu’il devrait gérer avec son opinion publique.

Et, surtout, une hausse des carburants et la colère des électeurs américains à quelques mois des élections de mi-mandat. En outre, l’un des effets directs de cette guerre contre l’Iran est que la hausse des prix énergétiques (gaz, pétrole, produits pétrochimiques) inquiète fortement les opérateurs car elle pourrait entraîner une résurgence de l’inflation et conduire les banques centrales à modifier leurs plans de politique monétaire afin de freiner la hausse des prix et l’inflation.

Les taux devraient dans ce cas être revus à la hausse, au moins d’un demi-point, ce qui va ralentir la croissance et les plans d’investissements sur les marchés européens, asiatiques et américains.

La situation au Moyen-Orient reste ainsi fortement inquiétante par la poursuite de l’agression militaire des Américains et de l’entité sioniste contre l’Iran, avec maintenant le soutien des pays de l’OTAN.

La guerre et les bruits de bottes devraient encore durer et porter les prix du brut à des niveaux jamais atteints depuis la fin de la décennie 2000.

Articles de meme catégorie

L'express quotidien du 10/03//2026

Derniers articles