Les travaux d’aménagement de l’accès au site minier de Tala Hamza-Oued Amizour ont été lancés. Ce projet stratégique devrait créer des emplois, dynamiser l’économie locale et renforcer la souveraineté minière de l’Algérie.
Le projet minier stratégique de Tala Hamza-Oued Amizour vient de franchir une étape décisive. Le wali de Béjaïa, Kamel Eddine Kerbouche, a donné hier le coup d’envoi des travaux d’aménagement de l’accès au futur site d’extraction de zinc et de plomb, en présence du directeur général de Sonarem, du responsable d’ENOF, de la directrice de la joint-venture algéro-australienne « Western Mediterranean Zinc » (WMZ) ainsi que d’élus locaux et de représentants des communes d’Amizour et de Tala Hamza.
Ce geste marque une accélération nette du calendrier. Moins d’une semaine après une réunion de coordination réunissant l’ensemble des parties prenantes, les opérations passent à la vitesse supérieure. Lundi déjà, le wali s’était rendu sur le site de la base de vie pour une rencontre directe avec les citoyens expropriés de leurs terres.
Ce dialogue de proximité illustre l’importance accordée à la finalisation des indemnisations, dernier verrou avant le démarrage effectif de l’exploitation. Les riverains ne s’opposent plus au projet en soi.
Les préoccupations environnementales initiales ont été largement dissipées grâce à l’adoption de technologies plus propres, limitant rejets et nuisances. Le débat porte désormais essentiellement sur le niveau des compensations
Les propositions initiales ont été jugées insuffisantes par les expropriés, même si les autorités maintiennent qu’elles sont « équitables et conformes à la législation ».
Sous l’impulsion directe des instructions présidentielles, les autorités locales multiplient les efforts pour aboutir à un accord satisfaisant toutes les parties. Le wali a réaffirmé que les doléances des habitants seraient prises en compte « dans le cadre de l’application des lois de la République ».
Pour rappel, le chef de l’État, M. Abdelmadjid Tebboune, a fixé le lancement des travaux pour ce mois de mars. Classé parmi les gisements de zinc les plus importants au monde, souvent cité dans le top 10 ou top 5 potentiel une fois en production, selon les études de faisabilité et des partenaires comme Terramin, le site recèle environ 54 millions de tonnes de ressources, dont une part substantielle (autour de 34 millions) directement exploitables. L’investissement global s’élève à 471 millions de dollars.
À plein régime, la mine produira annuellement 2 millions de tonnes de minerai brut, transformé sur place pour extraire environ 170 000 tonnes de concentré de zinc et 30 000 tonnes de plomb.
Au-delà des chiffres bruts, l’enjeu est stratégique pour l’Algérie. Il s’agit de couvrir une grande partie de la demande nationale en ces métaux critiques, réduire drastiquement la facture d’importation et poser les bases d’une filière minière plus autonome.
Sur le plan local, l’impact socioéconomique s’annonce majeur. Le projet devrait créer environ 1 000 emplois directs et près de 4 000 indirects, dynamisant l’emploi des jeunes dans la région de Béjaïa.
Artisanat, services, sous-traitance, etc., toute une économie circulaire devrait émerger autour du site. Avec ces avancées rapides, Tala Hamza s’affirmera comme un levier clé de diversification économique et de souveraineté minière.

