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Le début du dégel entre Paris et Alger ?

Un communiqué, publié hier lundi, par le ministère des Affaires étrangères laisse envisager une reprise des relations entre Alger et Paris et la fin d’une période de froid polaire qui aura duré un peu plus d’une année.

 Il s’agit en fait d’indices clairs qui laissent entrevoir un dégel assez rapide dans les semaines qui s’annoncent, avec notamment cette information, qui reste à confirmer, du retour prochainement à Alger de l’ambassadeur français Stephane Romatet, rappelé par Macron lui-même au plus fort des attaques de la place Beauvau, et son locataire, Bruno Retailleau, leader des LR, contre l’Algérie. Dans la foulée, ce dernier a presque détruit une relation algéro-française fondée sur le respect mutuel et, surtout, l’application des accords de 1968 en matière de circulation des personnes.

La position de la France au mois de juillet dernier via son  annonce au  soutien  du plan d’autonomie marocain au Sahara Occidental, avait mis KO debout cette relation qui évoluait depuis des décennies au rythme des humeurs maussades de Paris envers l’Algérie.

Mais, un revirement de la position de la France vis à vis d’Alger commence progressivement à se dessiner et laisse entrevoir une prochaine fi de la brouille politique et d’une période diplomatique calamiteuse lorsque le chef des Républicains trônait à la place Beauvau.

Laurent Nunez, arrivé aux affaires avec l’avènement du second gouvernement Lecornu, est plus pragmatique et enclin à replacer les relations algéro-françaises dans leur vrai contexte.

Adepte d’un dialogue franc avec Alger sur la question migratoire et d’autres sujets communs, le successeur de Retailleau, Laurent Nunez, a fait un séjour de deux jours à Alger en février dernier ( 16 et 17) au cours duquel il a pris la mesure des attentes d’Alger dans les dossiers sensibles des affaires consulaires et plus spécialement la question migratoire et la circulation des personnes.

Hier lundi donc, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, M. Ahmed Attaf, a reçu un appel téléphonique de son homologue français, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot, rapporte l’APS, citant un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

A cette occasion, les deux ministres ont examiné « l’état des relations bilatérales entre les deux pays, ainsi que les perspectives qui s’offrent à elles », ajoute la même source qui souligne que les deux responsables ont également procédé à un échange de vues sur « la situation dans l’espace sahélo-saharien, ainsi que sur les développements relatifs au processus de règlement de la question du Sahara Occidental. »

L’APS ajoute qu’ils ont  »en outre abordé « les graves développements que connaît la région du Moyen-Orient et leurs répercussions aux plans régional et international ». Dans ce contexte, « une attention particulière a été accordée à la situation prévalant au Liban, qui constitue une source de préoccupation partagée pour les deux pays », précise le communiqué du ministère.

De son côté,  le ministère français des Affaires étrangères a annoncé également l’entretien téléphonique entre les deux ministres. ‘’‘Dimanche, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, a eu un entretien par téléphone avec son homologue algérien, Ahmed Attaf’’.

‘’Les principaux enjeux diplomatiques d’intérêt commun en Afrique et au Moyen-Orient, en premier lieu l’escalade régionale autour de l’Iran et les récentes discussions de haut niveau relatives au Sahara occidental’’ ont été discutées par les deux ministres, ajoute le Quai d’Orsay selon lequel ‘’Attaf et Barrot ont évoqué aussi les enjeux de la relance de la coopération entre la France et l’Algérie, notamment en matière sécuritaire et migratoire’’.

En outre, le ministre français, selon la même source, a signifié le souhait de la France que cette relance ‘’produise des résultats tangibles, dans l’intérêt des deux pays’’. Selon le même communiqué, les chefs de la diplomatie algérienne et française sont également ‘’convenus de poursuivre ce dialogue politique, dans un contexte régional et international marqué par l’accumulation des crises.’’ 

La teneur des communiqués diffère, on s’en doute d’ailleurs, mais il est indéniable que de part et d’autre, le souhait est d’aller de l’avant et de reprendre sur de nouvelles bases, la coopération bilatérale, sur tous les domaines.

Signe également de ce dégel et la reprise du dialogue entre Alger et Paris, la visite en février dernier du ministre français de l’Intérieur Laurent Nunez, qui a été reçu en audience par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune. Au sortir de cette audience, il avait annoncé la reprise de la coopération entre les deux pays, notamment dans les domaines de la sécurité et de l’immigration.

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L'express quotidien du 17/03//2026

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