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Les prix du pétrole et du gaz explosent

La guerre déclenchée par les États-Unis et l’entité sioniste contre l’Iran a provoqué une nouvelle onde de choc énergétique mondiale. En quelques semaines, les prix du pétrole, du gaz et des carburants se sont envolés sous l’effet combiné de perturbations physiques, de tensions géopolitiques et de spéculations de marché.

La paralysie du détroit d’Ormuz, point de navigation névralgique pour 20 % du pétrole et du gaz mondiaux, a complètement désarticulé les flux énergétiques dans la région, poussant les cours vers des sommets.

Les attaques et les ripostes iraniennes aux agressions ont touché plusieurs raffineries, champs pétroliers et terminaux gaziers, ce qui a conduit à la suspension de la production dans plusieurs pays du Golfe, alors que la production iranienne est également menacée.

Le pétrole s’est maintenu depuis près de deux semaines au-dessus de 100 dollars le baril, et les cours du gaz ont doublé sur le marché européen, influant également sur les prix des carburants et autres sources d’énergie.

La prime de risque géopolitique a ainsi propulsé le pétrole d’une moyenne de 70 dollars le baril à 112 dollars le baril, lors de la dernière cotation de la semaine écoulée, soit une hausse de plus de 66 % pour le Brent. Certains scénarios évoquent désormais un baril à 150 dollars, voire à 200 dollars en cas d’escalade plus grave et de conflit durable. Pour le gaz naturel et le gaz naturel liquéfié (GNL), la volatilité des cours est encore plus marquée.

Les prix ont enregistré des hausses allant de plus 35 % à 60 % en Europe, après un pic de plus de 50 % dès les premiers jours du conflit, en raison notamment de l’arrêt des exportations de GNL produit au Qatar, un acteur clé sur le marché du gaz.

La récente attaque contre le complexe qatari de Ras Laffan a mis en lumière, selon Oil Price, de profondes vulnérabilités structurelles, faisant basculer les prévisions d’une offre excédentaire vers une situation de tensions et de volatilité prolongées.

Les volumes qataris perdus ne peuvent être facilement remplacés, compte tenu des capacités de production limitées à l’échelle mondiale, des risques géopolitiques croissants et des contraintes pesant sur le transport maritime de GNL, ce qui aggrave les pénuries.

La raffinerie Mina Al-Ahmadi du Koweït, d’une capacité de traitement de 346 000 barils par jour (bpj) de pétrole brut, a également été touchée par des drones iraniens vendredi matin, alors que la guerre au Moyen-Orient ne montre aucun signe de désescalade malgré la rhétorique américaine et israélienne.

Le marché ne croit plus, selon le site spécialisé, à une résolution rapide de la situation. Les dégâts matériels dans toute la région – des pannes de raffineries aux arrêts de terminaux GNL – ont déjà entraîné une réduction significative des capacités de production.

Le délai de réparation se compte désormais en mois pour certains sites, voire en années pour d’autres. Sur le marché des carburants (essence / diesel), la baisse de production de pétrole et de gaz et les blocages logistiques ont occasionné une forte hausse des prix à la pompe, avec une augmentation constatée à plus de 34 % dans certains pays européens.

Les prix s’affichent à plus de 2 €/litre en Europe, alors qu’aux États-Unis, certains États enregistrent un prix de 5 dollars par gallon. La situation géopolitique, qui risque de s’aggraver en cas de propagation du conflit, suscite en outre des craintes quant aux conséquences économiques mondiales.

Les risques d’inflation sont mentionnés par les analystes, qui lient la hausse des prix de l’énergie à une réaction en cascade sur tous les biens de consommation, entraînant une hausse générale des prix avec un impact direct notamment sur l’alimentation, les transports et les biens industriels. Les risques sur les marchés financiers sont également évoqués, au vu de la forte volatilité des matières premières.

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L'express quotidien du 23/03//2026

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