L’Algérie ne se contente plus, comme naguère, de parler de diversification économique. Elle passe à l’action. Le secteur minier est en train de devenir l’un des moteurs les plus concrets de cette ambition. Selon l’APS, le pays entre dans une nouvelle phase où les ressources minières, longtemps sous-exploitées, sont appelées à soutenir la souveraineté nationale et à réduire la dépendance aux hydrocarbures.
Le président Abdelmadjid Tebboune porte cette vision depuis des années, et 2026 s’annonce comme l’année charnière où plusieurs mégaprojets entrent en phase opérationnelle ou décisive.
Au cœur de cette renaissance, il y a lieu de citer le gisement de fer de Gara Djebilet, l’un des plus grands au monde avec ses 3,5 milliards de tonnes de réserves.
Après des décennies d’attente, l’exploitation effective a démarré au premier trimestre 2026, comme l’a ordonné le président lors d’un Conseil des ministres.
La ligne ferroviaire minière Gara Djebilet-Tindouf-Béchar, longue de près de 950 km à travers le Sahara, a été inaugurée début février 2026. Ce corridor titanesque, financé par l’État et réalisé avec des partenaires chinois et nationaux, relie désormais le Sud profond aux complexes sidérurgiques du Nord.
Il s’agit d’alimenter l’industrie locale en minerai de fer, de réduire les importations (économie estimée à plus d’un milliard de dollars par an) et d’améliorer la production, qui pourrait grimper à 20 millions de tonnes d’ici 2032, puis à 50 millions à terme.
Ce projet constitue un véritable levier pour relancer la sidérurgie nationale. Dans le Nord, le projet de zinc et de plomb de Tala Hamza-Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, avance à grands pas.
Lancé officiellement en mars 2026, avec les travaux d’accès et d’aménagement en cours, ce gisement de 53 millions de tonnes de réserves devrait produire 2 millions de tonnes de minerai par an, pour environ 200 000 tonnes de concentré.
Plus de 700 emplois directs et près de 4 000 indirects sont attendus, sans compter l’effet d’entraînement sur les PME et la sous-traitance locale. Ce projet redonne vie à toute une région et positionnera l’Algérie parmi les grands producteurs de ces métaux stratégiques.
Le phosphate reste peut-être le dossier le plus stratégique pour les exportations futures. Le projet intégré de l’Est (Tébessa, Souk Ahras, Annaba), avec ses réserves exploitables de 840 millions de tonnes, pourrait atteindre une production brute de 10,5 millions de tonnes par an.
L’exploitation de Bled El Hadba est lancée, la ligne ferroviaire minière de 422 km progresse (il reste environ 175 km à finaliser), et l’extension du port d’Annaba avance pour en faire une véritable plateforme internationale.
Les premières expéditions de phosphate brut via le terminal minéralier sont prévues fin 2026 ou début 2027. À terme, l’objectif est de parvenir à la transformation locale en engrais et en produits à haute valeur ajoutée.
L’Algérie vise ainsi le top mondial des exportateurs d’engrais phosphatés. 2026 n’est pas une année comme les autres pour le secteur minier : elle coïncide avec le 60ᵉ anniversaire de la nationalisation des mines, et les chantiers en cours en font un symbole fort.
Ces projets ne sont pas que des chiffres sur papier : ils créent des emplois, désenclavent des régions, attirent des investissements et renforcent l’intégration territoriale, du Grand Sud à la côte est. Bien sûr, les défis sont nombreux, notamment le respect des délais, la maîtrise environnementale, le transfert technologique et la valorisation maximale sur place plutôt qu’à l’export brut.
Mais le train est lancé : l’Algérie ne mise plus uniquement sur le pétrole et le gaz. Elle réveille ses richesses souterraines pour bâtir une économie plus solide, plus diversifiée et plus souveraine. Sauf impondérables, 2026 marquera bel et bien le début d’une nouvelle ère industrielle.

