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Algérie-France: Après les tensions, place au réalisme diplomatique

Après plusieurs mois de crise, Alger et Paris reprennent progressivement le dialogue. Les relations avaient été tendues en raison de surenchères électoralistes en France et d’attaques médiatiques menées par l’extrême droite ainsi que par une partie de la droite traditionnelle française, notamment par l’ex-ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.

Aujourd’hui, la situation semble s’apaiser et une reprise graduelle des échanges s’engage, notamment sur la question migratoire, avec un respect plus strict des usages diplomatiques et des procédures légales. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a confirmé cette évolution dans un entretien accordé, hier, à l’agence AFP.

Il a déclaré que la reprise du dialogue produisait « des premiers résultats ». « Nous voyons des premiers résultats se manifester, qui se confirment et s’amplifient », a-t-il précisé. Selon lui, la coopération migratoire et sécuritaire était au centre de la visite à Alger, en février dernier, du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez.

Lors de cette visite, la France « avait pu faire valoir un certain nombre d’attentes, en particulier en matière de reconduite à la frontière des Algériens en situation irrégulière, de sécurité et de lutte contre le terrorisme, car nous avons besoin d’une coopération de la part des autorités algériennes », a-t-il ajouté.

Le discours français marque une reconnaissance implicite du rôle central de l’Algérie dans la gestion des questions migratoires. Pour que les reconduites aux frontières soient effectuées, Alger exigeait, depuis le début, le respect des procédures légales.

Jean-Noël Barrot a rappelé cette nécessité : « il est nécessaire que les autorités consulaires algériennes en France puissent délivrer les laissez-passer consulaires permettant ces reconduites à la frontière ».

Ces laissez-passer sont indispensables pour permettre aux ambassades et consulats algériens de vérifier que chaque personne sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) est bien de nationalité algérienne.

L’Algérie avait demandé aux autorités françaises de délivrer les agréments nécessaires pour reprendre ces auditions consulaires, qui avaient été complètement interrompues depuis le début de la crise. « C’est ce à quoi le ministère de l’Intérieur a travaillé en lien avec le ministère des Affaires étrangères », a confirmé le ministre français.

Cette reprise des procédures montre que la France reconnaît désormais la légitimité des exigences algériennes et s’engage à respecter les accords existants en matière de gestion migratoire et de reconduites aux frontières.

Le ministre français des Affaires étrangères a également indiqué qu’il s’était récemment entretenu, à son initiative, avec le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, afin de poursuivre cette démarche et de consolider la reprise des relations sur de nouvelles bases.

Avec cette approche plus respectueuse et pragmatique, l’Algérie confirme sa position forte et légitime dans ses relations avec la France, et la reprise du dialogue ouvre la voie à une coopération efficace et équilibrée.

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L'express quotidien du 26/03//2026

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