Les élections législatives auront lieu le jeudi 2 juillet prochain. Le président Abdelmadjid Tebboune a signé, le 4 avril dernier, le décret n° 26-145 portant convocation du corps électoral pour cette échéance. Publié au Journal officiel n° 24, ce texte fixe clairement la date du scrutin et ouvre, du 12 au 26 avril 2026, une révision exceptionnelle des listes électorales.
Cette convocation intervient dans un cadre institutionnel profondément renouvelé. En effet, la Constitution a été révisée par référendum en novembre 2020, et une nouvelle loi organique relative au régime électoral a été promulguée dans le même Journal officiel que le décret de convocation. Parallèlement, la loi sur les partis politiques a également connu des ajustements importants.
Ces réformes visent à moderniser le paysage politique, à encourager une plus grande représentativité et à renforcer la vitalité du débat démocratique. Contrairement aux législatives de juin 2021, qui s’étaient déroulées dans un contexte de forte abstention et de boycott de plusieurs formations de l’opposition, le scrutin de 2026 va se tenir dans un climat politique nettement plus ouvert et dynamique.
En 2021, le taux de participation n’avait atteint que 23 %, un chiffre historiquement bas reflétant une certaine désaffection des citoyens. Le FLN était arrivé en tête avec 98 sièges, suivi du MSP (65 sièges) et du RND (58 sièges).
Plusieurs grands partis avaient alors choisi de ne pas participer : le FFS, le RCD, le PT et Jil Jadid. Cette fois, la donne a changé. Ces quatre formations ont annoncé leur intention de prendre part pleinement au prochain rendez-vous électoral.
Leur retour sur la scène législative, ajouté à la participation attendue des autres partis déjà présents en 2021, devrait redonner de la couleur et de l’intensité à la campagne.
On s’attend donc à une compétition plus ouverte, où les idées et les programmes seront davantage confrontés, loin de l’indifférence qui avait caractérisé le scrutin précédent. Cette mobilisation générale des forces politiques intervient à un moment où le pays cherche à consolider son processus de réforme institutionnelle.
La présence accrue des jeunes, près de 33 % des députés en 2021, et des universitaires au sein de l’hémicycle avait déjà marqué une certaine évolution. Avec une participation élargie des partis, les prochaines élections pourraient amplifier cette dynamique et permettre une représentation encore plus fidèle des aspirations de la société.
Le 2 juillet ne sera donc pas un simple renouvellement de l’Assemblée populaire nationale. Il s’annonce comme un test important pour la maturité du pluralisme politique, dans un contexte où la révision constitutionnelle et les nouvelles règles du jeu électoral offrent un cadre renouvelé. L’enjeu est de taille : il s’agit de redonner confiance aux électeurs et de faire en sorte que l’hémicycle reflète véritablement la diversité des voix du pays.
Tout porte à croire que la campagne sera vive, les débats nourris, et que les citoyens seront plus nombreux à se rendre aux urnes. Après des années marquées par la prudence et parfois la défiance, ces législatives pourraient marquer un tournant vers une vie politique plus inclusive et plus représentative.

