Les échanges commerciaux entre la France et l’Algérie ont connu un net ralentissement en 2025 selon les données récentes publiées par la Direction générale du Trésor et les Douanes françaises.
Intervenant dans un contexte politique tendu, la contraction des flux commerciaux bilatéraux, ainsi que la diminution du nombre d’entreprises françaises exportant vers notre pays, sont contrebalancées par l’augmentation des échanges de notre pays avec d’autres partenaires étrangers, dans le cadre de la stratégie nationale de diversification des échanges et de redéfinition des équilibres commerciaux.
En 2025, le volume global des échanges est tombé à 9,4 milliards d’euros, enregistrant une nette baisse par rapport aux 11,1 milliards d’euros enregistrés en 2024, soit un recul de 14,8 %. La contraction des échanges se traduit par le recul des exportations françaises vers l’Algérie, à 4,2 milliards d’euros en 2025 contre 4,8 milliards un an plus tôt, soit une baisse de près de 12 %.
Une contraction qui concerne plusieurs secteurs clés, notamment les céréales, les produits agroalimentaires et certains biens industriels. En parallèle, les exportations algériennes vers la France ont diminué sous l’effet de la baisse des prix des hydrocarbures.
Les exportations algériennes vers la France sont ainsi passées de 6,3 milliards d’euros en 2024 à 5,2 milliards en 2025, soit une baisse de plus de 17 %. Les hydrocarbures, qui constituent l’essentiel de ces exportations, ont particulièrement contribué à ce repli, leurs ventes chutant de près de 22 % pour s’établir à 3,8 milliards d’euros.
Sur les neuf premiers mois de l’année 2025, les exportations algériennes vers la France ont fortement reculé pour s’établir à environ 3,4 milliards d’euros, contre 4,8 milliards sur la même période un an plus tôt, soit une chute particulièrement marquée.
Dans le même temps, les exportations françaises vers notre pays ont également fléchi, s’établissant à près de 3 milliards d’euros contre 3,4 milliards un an auparavant. Ces évolutions traduisent à la fois la baisse des prix énergétiques et un affaiblissement plus général des flux commerciaux.
En 2024, le volume des échanges s’est établi autour de 11,1 milliards d’euros, en recul d’environ 4 % sur un an, rompant avec la dynamique haussière observée entre 2021 et 2023.
Les flux commerciaux bilatéraux ont connu des transformations profondes au cours de la dernière décennie, selon les données publiées par le ministère français des Finances, qui indique que « jusqu’en 2012, la France était le premier partenaire commercial de l’Algérie avant d’être dépassée par la Chine.
Le solde français est resté excédentaire jusqu’en 2020. Au cours des dernières années, sous l’influence conjuguée des crises sanitaire et géopolitique mondiales, des évolutions des marchés énergétiques internationaux et des stratégies économiques algériennes, le solde s’est dégradé pour atteindre un pic de déficit en 2023 ».
L’analyse des échanges commerciaux entre les deux pays révèle une structure sectorielle concentrée. Ainsi, si les exportations françaises vers l’Algérie sont constituées principalement de biens industriels, de matériels de transport et de produits agroalimentaires, les exportations de l’Algérie vers la France sont dominées à près de 90% par les hydrocarbures naturels et les produits pétroliers raffinés.
L’Algérie est restée le quatrième fournisseur de gaz de la France, avec une part de marché passée de 8% à 11% en valeur entre 2019 et 2024. En 2025, le nombre d’entreprises françaises exportatrices a également enregistré une baisse, à l’inverse de la tendance des années 2023 et 2024.

