Le pétrole s’envole à nouveau au-dessus des 100 dollars, porté par l’escalade des tensions entre Washington et Téhéran et la menace d’un blocage du détroit d’Ormuz. Les marchés redoutent désormais une perturbation majeure de l’approvisionnement mondial et un choc durable sur les prix de l’énergie.
Les prix du pétrole sont repartis à la hausse hier, dans un contexte de fortes tensions géopolitiques au Moyen-Orient. La marine américaine se préparait à bloquer les navires à destination et en provenance d’Iran via le détroit d’Ormuz, une mesure qui pourrait restreindre les exportations de pétrole iranien après l’échec des négociations entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.
Dès l’ouverture de la journée de cotation, les prix du pétrole ont bondi de près de 8%, repassant au-dessus du seuil symbolique des 100 dollars le baril. Une hausse qui intervient après un recul des cours de l’or noir, la semaine dernière, suite à l’annonce d’un cessez-le-feu entre les deux parties. Une trêve qui est désormais compromise par l’escalade diplomatique et militaire menée par les États-Unis.
Le prix du Brent a progressé hier à plus de 102 dollars, en cours de cotation, après avoir clôturé en baisse de 0,75% vendredi, alors que le WTI américain a gagné environ 7 dollars, à plus de 103 dollars, après avoir reculé de 1,33% lors de la séance précédente.
Le président Donald Trump a déclaré que la marine américaine allait bloquer le détroit d’Ormuz, ajoutant que le prix du pétrole et de l’essence pourrait rester élevé jusqu’aux élections de mi-mandat américaines de novembre, une rare reconnaissance des répercussions politiques potentielles de sa décision d’attaquer l’Iran il y a six semaines.
La perturbation de la navigation dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20% de l’approvisionnement mondial en pétrole a déjà eu des répercussions notables sur les marchés énergétiques mondiaux, les prix du gaz et du pétrole ayant franchi des seuils jamais égalés depuis plusieurs années.
Les menaces américaines d’imposer un blocus ciblant des ports iraniens marque une escalade majeure et sans précédent dans cette région stratégique, ce qui pourrait se répercuter plus lourdement sur le cours de l’or noir dans les jours à venir.
Les experts estiment que toute fermeture durable du détroit d’Ormuz pourrait entraîner une nouvelle flambée des cours, au-delà de 150 dollars, ou au moins un maintien prolongé au-dessus des 100 dollars, avec des répercussions directes sur l’inflation mondiale et la croissance économique.

