Le droit du peuple sahraoui à décider librement de son avenir demeure au cœur du dossier du Sahara occidental aux Nations unies. Dans son dernier rapport sur le territoire, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, recommande que tout statut futur fasse l’objet d’un véritable processus de consultation de la population sahraouie, afin que celle-ci puisse l’accepter ou le rejeter librement, sans être privée de son droit inaliénable à l’autodétermination.
Cette recommandation, rapportée lundi 12 octobre par le quotidien espagnol El País, intervient alors que le Maroc tente d’imposer son projet d’autonomie comme unique base d’un règlement politique.
L’ONU rappelle ainsi que la simple présentation d’une proposition dans le cadre de négociations ne saurait, à elle seule, préjuger de son acceptation par le peuple sahraoui. L’enjeu central réside donc dans le consentement explicite de la population concernée.
Quelle que soit la formule envisagée pour sortir de l’impasse diplomatique, aucune issue ne peut être scellée sans l’expression de sa volonté. La possibilité d’accepter ou de rejeter un statut proposé constitue, à cet égard, la pierre angulaire du processus de consultation préconisé par le chef de l’ONU.
La position défendue par António Guterres rejoint les déclarations de son envoyé personnel pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura. Lors de son intervention devant le Conseil de sécurité, ce dernier a réaffirmé que l’autonomie ne pouvait en aucun cas être imposée et que l’avenir du territoire devait reposer sur le libre exercice du droit à l’autodétermination.
Cette mise au point intervient dans un contexte de vive tension et de divergences persistantes entre le Maroc et le Front Polisario. Alors que Rabat cherche à imposer son plan d’autonomie au centre des discussions, le mouvement sahraoui réaffirme son attachement strict au principe d’autodétermination, incluant l’option de l’indépendance.
Au-delà des postures diplomatiques, la question fondamentale reste celle des conditions dans lesquelles les Sahraouis pourront se prononcer sur leur avenir. La recherche d’un règlement politique ne saurait se réduire à l’adoption d’une formule arrêtée à l’avance, au mépris de la volonté populaire.
Le Sahara occidental demeure une question de décolonisation non réglée, inscrite à l’ordre du jour des Nations unies. Dans ce cadre, le respect du droit à l’autodétermination constitue la condition sine qua non à l’émergence d’une solution juste et pérenne. La recommandation d’António Guterres replace au premier plan la nécessité d’une consultation réelle, souveraine et sans pression.
Elle souligne également qu’aucune proposition ne peut acquérir de valeur définitive du seul fait de sa prépondérance dans les enceintes diplomatiques. Face à des positions qui restent diamétralement opposées, le consentement du peuple sahraoui demeure l’unique constante infranchissable.
Toute issue durable devra impérativement passer par le respect de son droit à décider souverainement de son destin, conformément à la légalité internationale et aux résolutions de l’ONU.
