Selon le site spécialisé Attaqa, qui cite des sources bien informées, la France a demandé à l’Algérie d’augmenter, dans les plus brefs délais, ses livraisons de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).
Cette sollicitation intervient alors que Paris cherche à sécuriser ses approvisionnements dans un contexte marqué par la crise du détroit d’Ormuz et les tensions sur les marchés de l’énergie. La plateforme, basée à Washington, indique que cette demande s’inscrit dans une stratégie plus large menée par le président français, Emmanuel Macron.
Celui-ci a entamé une tournée dans le Golfe, notamment au Koweït, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Qatar, afin d’obtenir des volumes supplémentaires de pétrole et de diesel et de consolider les partenariats énergétiques de la France.
La France fait face à une situation énergétique tendue depuis le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitait environ 20 % du pétrole mondial avant la guerre en Iran.
Les perturbations de cette voie maritime stratégique ont réduit les flux d’hydrocarbures et fragilisé les approvisionnements européens.
Dans un discours prononcé dimanche dernier, Emmanuel Macron a affirmé que la France avait anticipé la crise et préparé des mesures pour en limiter les effets. Paris cherche désormais à diversifier ses sources d’approvisionnement.
Dans ce contexte, l’Algérie apparaît comme un fournisseur géographiquement proche, susceptible de contribuer à sécuriser les livraisons françaises d’hydrocarbures. Selon les données de l’Energy Research Unit citées par Attaqa, les exportations de pétrole algérien vers la France ont fortement progressé en avril 2026.
Elles sont passées de 43 000 barils par jour en mars à 138 000 barils par jour le mois suivant, soit une hausse de 95 000 barils par jour. Cette progression a placé la France en tête des destinations du pétrole brut et des produits pétroliers algériens.
Elle a absorbé près de 15 % des exportations algériennes du mois, estimées à 903 000 barils par jour, devant la Corée du Sud, l’Espagne, les États-Unis et l’Italie. Sur les quatre premiers mois de 2026, les exportations algériennes vers la France se sont établies en moyenne à environ 95 000 barils par jour, contre 92 000 barils par jour durant la même période de 2025, soit une hausse de 3,4 %.
Une augmentation des livraisons de pétrole semble plus envisageable à court terme qu’un accroissement des volumes de gaz naturel liquéfié.
Selon les sources citées par Attaqa, Sonatrach pourrait éprouver des difficultés à augmenter rapidement ses expéditions de GNL en raison de ses engagements contractuels envers d’autres clients. Les cargaisons de GNL font généralement l’objet de contrats à long terme, qui fixent les volumes et les calendriers de livraison.
Toute réorientation ou augmentation des quantités destinées à la France nécessiterait donc des ajustements commerciaux et logistiques importants. À ce stade, aucune information officielle n’a été communiquée sur les volumes sollicités par Paris, le calendrier envisagé ou la réponse d’Alger. Sonatrach n’a pas non plus répondu aux demandes de commentaires formulées par la plateforme.
Cette sollicitation intervient dans un contexte diplomatique difficile entre Paris et Alger, marqué depuis deux ans par une crise d’une ampleur inédite. Les expulsions réciproques de diplomates et les tensions politiques ont été suivies de tentatives d’apaisement et de visites ministérielles, sans avancées concrètes décisives jusqu’ici.
L’issue de cette demande dépendra des discussions en cours, de la capacité de Sonatrach à concilier ses engagements contractuels avec les besoins français et de l’évolution de la crise qui perturbe les routes maritimes et les marchés mondiaux de l’énergie.
