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Noufel Ramdane remonte le fil de ses origines musicales

Jeudi soir, sur la scène du Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi, le jeune chanteur Noufel Ramdane a proposé Aux origines, un récital mêlant malouf, çanaa et chansons algéroises. Pour sa première apparition au TNA, l’artiste a retracé son parcours et partagé les influences qui façonnent encore une quête assumée d’identité musicale.

Au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi, à Alger, Noufel Ramdane a proposé, jeudi dernier, un récital intitulé Aux origines, conçu comme une traversée de son parcours musical. Le TNA, dont la programmation accorde une place régulière aux concerts, accueillait pour la première fois le jeune chanteur, venu partager avec le public une sélection de ses coups de cœur, entre patrimoine andalou et chansons algéroises.

Pendant près d’une heure, l’artiste a déployé un répertoire mêlant malouf, çanaa et variétés algériennes, évoquant dans un dialogue avec la salle les musiques qui ont accompagné son enfance et façonné son rapport au chant. Cette soirée se voulait autant un concert qu’un récit personnel, où chaque morceau renvoyait à une étape de son apprentissage et de sa construction artistique.

Accompagné de deux violons, d’une mandoline, d’un qanoun, de deux percussionnistes et d’un synthétiseur, Noufel Ramdane a ouvert son programme par des pièces de malouf, un genre qu’il considère fondateur dans son parcours. Il a rappelé que ce sont ces airs qui l’ont conduit à intégrer un orchestre andalou.

Parmi les titres interprétés figuraient notamment « Boûd Al diar », « Yala qawmin dalamouni », « Housn al habib » et « Ya kamel al maani ».

La seconde partie du concert s’est orientée vers le répertoire çanaa et algérois. L’artiste a choisi, comme il l’a expliqué sur scène, d’interpréter «les premiers titres qu’il a entonnés dans sa vie d’artiste et qu’il a souhaité, étant petit, d’interpréter sur scène». Le public a ainsi pu entendre « Nahwa ghozeyel », « Makanchi aachik b’hali », « Nar el bin gdat », « Ouahran el bahia », « Ghir adjini », avant une conclusion avec le traditionnel « Bkaw ala khir ».

Dans une ambiance festive, les spectateurs ont accompagné la prestation par des applaudissements soutenus, des youyous et, pour certains, quelques pas de danse dans les travées de la salle. Cette proximité avec le public a marqué une étape importante pour l’artiste, qui avait participé en 2022 au concours du Prix Cheikh Abdelkrim Dali, une expérience déterminante puisqu’il s’y produisait pour la première fois en solo.

Aujourd’hui encore, Noufel Ramdane revendique une démarche ouverte, sans enfermement stylistique. « Je suis à la recherche de mon identité musicale », affirme-t-il, soulignant sa volonté d’explorer les différents registres du répertoire algérien.

Âgé de 27 ans, Noufel Ramdane est diplômé en musicologie de l’Institut national supérieur de musique « Mohamed Fawzi » (INSM). Il pratique les trois écoles de la musique andalouse (malouf, sanaa et, dans une moindre mesure, ghernati) tout en s’intéressant au genre algérois. Son orientation vers l’andalou s’est précisée au cours de sa formation, sous l’influence de son professeur Hafid Mouat, qui lui a transmis le goût de cette musique, de son histoire et de ses figures majeures.

Formé à plusieurs instruments, il a débuté par la mandoline et le violon, avant d’étudier le violoncelle, le piano classique et le luth (oud). Parmi les maîtres qui nourrissent son inspiration, il cite notamment Cheikh Ahmed Serri, Hamdi Benani et Kheznadji, ainsi que des artistes de générations plus récentes, tels que Samir Toumi, Hamidou, Cheikh Chekat et son professeur Mouat Hafid.

Pour l’heure, l’enregistrement d’un album n’est pas à l’ordre du jour. L’artiste privilégie le travail de scène et l’exploration du patrimoine, qu’il considère comme une source inépuisable. Sa prestation au TNA marque toutefois une étape symbolique, portée par l’accueil d’un public qu’il a qualifié de «très chaleureux».

Après avoir déjà chanté à Dar Bachtarzi, à la Maison de la culture de Koléa et au Théâtre régional de Skikda, sa ville natale, Noufel Ramdane annonce plusieurs programmations prévues durant le mois de Ramadhan. Une manière de poursuivre, scène après scène, une quête artistique encore en devenir.

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L'express quotidien du 29/01//2026

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