Dans un entretien accordé à la télévision allemande DW, Massad Boulos, conseiller spécial de Donald Trump pour l’Afrique et le monde arabe, a levé un coin du voile sur les récents pourparlers de Madrid, tenus les 8 et 9 février à l’ambassade américaine.
La situation y est décrite comme « plus difficile que prévu » pour un règlement du conflit du Sahara occidental, vieux de 50 ans. Pourtant, Boulos reste optimiste. Il indiqué que des progrès ont été enregistrés, sans toutefois des avancées majeures pour l’instant.
Il a, par ailleurs, insisté sur un point crucial que la propagande du Makhzen tente par tous les moyens de cacher. « Les Sahraouis et le Maroc sont les seuls habilités à trouver une solution qu’ils jugent appropriée pour eux », a-t-il en effet précisé, tirant ainsi les choses au clair, en désignant sans ambiguïté les belligérants directs du conflit, à savoir le Maroc et le Front Polisario.
Respectueux du secret des discussions, il a refusé d’en révéler les détails, réservés aux parties concernées, principalement le Maroc et les Sahraouis ».
Quant à l’Algérie et à la Mauritanie, elles ne sont que «concernées, d’une manière ou d’une autre», qu’en tant que pays voisins. Leur présence à Madrid relève d’un rôle d’observateur naturel, rien de plus.
Le processus, dit Boulos, peut prendre du temps. « Il ne faut pas anticiper ni se précipiter », a-t-il annoncé, mais il nourrit un «bon espoir» pour une résolution rapide.
Et c’est là où le bât blesse pour le Makhzen. Les relais médiatiques marocains ont multiplié les allégations mensongères et tendancieuses après ces pourparlers, laissant entendre que l’Algérie aurait enfin accepté de s’asseoir à la table des négociations en tant que partie prenante.
Une pure diversion et un mensonge dont les relais du Makhzen usent et abusent jusqu’à la nausée ! Une source proche du dossier, interrogée par TSA jeudi passé, démonte ce narratif : « La manière dont les relais marocains s’échinent à présenter les négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario sous l’égide des Nations Unies et des États-Unis n’a absolument rien à voir avec la réalité», explique la source.
L’Algérie, comme la Mauritanie, n’y joue qu’un rôle d’observateur, conféré par sa proximité géographique. L’Algérie a toujours rejeté la formule des « tables rondes » car elle considère que le conflit oppose bel et bien Rabat au Polisario.
Cette stratégie de la diversion makhzénienne n’est pas nouvelle. Le Maroc cherche depuis toujours à impliquer l’Algérie pour diluer la responsabilité sahraouie et transformer un différend bilatéral en affaire régionale élargie. En exagérant le rôle de l’Algérie et en la diabolisant via ses médias, le Makhzen espère brouiller les cartes, en jouant les victimes et en faisant passer l’Algérie pour un obstacle à la paix. La sortie de Boulos a mis fin à ce jeu trouble en recentrant le débat sur les vrais acteurs.

