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Le TSGP scruté par un spécialiste américain: Un projet « réalisable et techniquement faisable »

Le projet de Gazoduc transsaharien (TSGP) dont les travaux en territoire nigérien seront prochainement lancés par Sonatrach, suite aux instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, est un projet viable, réalisable sans trop de difficultés, au vu de son tracé relativement court, traversant trois pays uniquement, et des infrastructures déjà existantes pour le transport du gaz vers l’Europe.

C’est en substance ce qu’indique une analyse signée par le professeur américain Geoff D. Porter, Président de « North Africa Risk Consulting Inc. » et enseignant universitaire. Pour ce dernier, le gazoduc « devrait augmenter simultanément la capacité d’exportation de gaz du Nigeria, fournirait au Niger pauvre une source d’énergie fiable, compenserait la consommation nationale de gaz algérien, et augmenterait l’approvisionnement européen en gaz « , peut- on lire dans le résumé de l’analyse publiée par l’auteur sur la plateforme Linkedin.

L’expert rappelle que « le 16 février, le Président Abdelmadjid Tebboune a annoncé qu’il avait ordonné à la société énergétique publique algérienne Sonatrach de commencer les travaux sur le projet du gazoduc transsaharien, dès la fin du Ramadhan ou vers le 20 mars 2026. L’annonce est intervenue à la suite d’une rencontre à Alger avec le Président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, ce qui a marqué en outre un rapprochement entre Alger et Niamey. »

Geoff D. Porter souligne ainsi, selon des extraits de l’analyse répercutés par l’APS, la dimension « stratégique » du projet de gazoduc, en mettant en avant notamment ses retombées positives sur les pays concernés et les conditions techniques réunies et favorables pour sa concrétisation.

Il affirme que « le TSGP n’est pas irréalisable: il est techniquement faisable. Comparé à d’autres projets de gazoducs dans la région et dans le monde, il n’est même pas particulièrement complexe. C’est un gazoduc terrestre relativement court, traversant deux juridictions avant de se connecter à des infrastructures d’exportation existantes.

Le gazoduc envisagé reliera les infrastructures gazières du Nigeria aux réseaux de distribution algériens vers l’Europe via le Niger, et permettrait d’augmenter l’approvisionnement gazier de l’Europe, à travers deux gazoducs existants : le Medgaz, reliant l’Algérie à l’Espagne, et le TransMed, reliant l’Algérie à l’Italie.

Ce gazoduc de 4 130 km reliant les infrastructures gazières du Nigeria à celles de l’Algérie aura une capacité nominale de 30 milliards de mètres cubes par an, rappelle-t-il, en mentionnant qu’il bénéficiera aux trois pays qu’il traverse.

Abordant les aspects techniques liés à la réalisation de ce projet, l’expert américain a développé un argumentaire en faveur de sa concrétisation, tout en répondant aux critiques de certains détracteurs qui défendent, selon lui, « en grande partie des arguments fallacieux ».

Dans ce sens, l’expert a relevé que le TSGP ne sera pas posé à la surface du sable, mais il sera « enfoui » et que seules les stations de compression seront visibles, notant les options de performance sécuritaire du projet.

Tout en mettant en avant l’expérience de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme, notamment dans le Sahel, l’expert a souligné le rôle central de Sonatrach qui a beaucoup évolué, devenant, poursuit-il, « une entreprise hybride opérant également à l’international ».

« L’entreprise dispose incontestablement des ressources humaines nécessaires pour mener à bien le projet, ainsi que de la capacité financière », a-t-il également fait savoir.

Le gazoduc transsaharien aura une capacité nominale estimée à 30 milliards de mètres cubes par an. Un volume qui permettrait, à terme, d’ajouter l’équivalent de plus de la moitié des flux actuellement acheminés vers le marché européen.

La configuration du projet est avantageuse également puisqu’elle limite les investissements additionnels et renforce la viabilité commerciale du projet. Elle positionne également l’Algérie comme plateforme énergétique régionale, non seulement en tant que producteur, mais aussi en tant que pays de transit stratégique entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe.

Le projet pourrait ainsi durablement redessiner la carte des flux gaziers entre l’Afrique et l’Europe, tout en renforçant le rôle stratégique de l’Algérie comme carrefour énergétique continental.

Dans un contexte marqué par la diversification des approvisionnements énergétiques de l’Europe, l’acheminement du gaz nigérian via le nouveau corridor transsaharien pourrait par ailleurs renforcer la sécurité énergétique de l’Europe, mais aussi l’intégration énergétique africaine.

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L'express quotidien du 23/02//2026

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