Le groupe Sonatrach a engagé une nouvelle phase de développement ambitieux en misant sur un vaste programme d’investissement, dont 75% est réservé à l’exploration et à la production dans le cadre d’une stratégie visant à renouveler les réserves, soutenir la demande nationale et consolider sa place à l’export sur les marchés énergétiques internationaux.
Un nouveau cap qui intervient dans un contexte symbolique, coïncidant avec la célébration de la nationalisation des hydrocarbures, un moment clé de l’histoire économique de notre pays. « Un acte fondateur de souveraineté nationale et un tournant stratégique dans la construction de l’Etat algérien moderne », selon M. Daoudi, qui estime que cet acquis est aujourd’hui un levier pour construire une économie diversifiée, innovante et résiliente.
Dans un entretien accordé à l’APS, à l’occasion du double anniversaire de la création de l’UGTA et la nationalisation des hydrocarbures, le P-DG de Sonatrach, Noureddine Daoudi, a souligné que l’activité exploration-production constitue le pilier central de la nouvelle dynamique engagée par le groupe, puisqu’elle représentant à elle seule 75 % des investissements programmés pour la période 2026-2030.
« Sonatrach accorde une importance capitale à l’activité exploration et production, qui est considérée comme vitale pour toute entreprise pétrolière et gazière. Dans ce sens, une enveloppe importante est consacrée, à moyen terme, pour concrétiser les projets d’investissement de Sonatrach dans ce domaine. Pour cela, l’activité exploration et production représente à elle seule 75% des investissements de développement consenties par Sonatrach pour la période 2026-2030 », a souligné Noureddine Daoudi.
Au titre de ce plan d’investissement, il est prévu un programme d’exploration « colossal » couvrant 66% du domaine minier national des hydrocarbures et incluant le forage d’environ 500 puits d’exploration, ainsi qu’un important programme d’acquisition sismique en 3D et 2D et d’études de traitement et de retraitement géologique et géophysique, a-t-il ajouté.
Insistant sur l’importance accordée à l’exploitation et la maintenance des installations de production, M. Daoudi a noté que l’investissement de production permettra, notamment, de forer environ 950 puits de développement et de réaliser environ 6 300 opérations sur les puits existants et que « 26% du budget global d’investissement exploration et production est prévu en partenariat ».
« Cet important plan d’investissement à moyen terme vise à maintenir et à renouveler notre base de réserves d’hydrocarbures, ce qui permettra de répondre favorablement aux besoins du marché national en produits énergétiques, de soutenir les projets structurels majeurs initiés par notre pays et confortera notre part de marché et notre position de partenaire sûr et fiable vis-à-vis de nos clients internationaux », a-t-il soutenu.
Les résultats récents confortent cette orientation puisque, en 2025, comme le rappelle le P-DG de Sonatrach, dix-sept nouvelles découvertes d’hydrocarbures ont été enregistrées, principalement dans des bassins dit matures, confirmant le potentiel important du sous-sol algérien. Pour le P-DG du groupe Sonatrach, ces performances » témoignent d’un domaine minier toujours attractif et largement prospectif. »
Au-delà de l’amont pétrolier, Sonatrach amorce également une transformation de son modèle économique en accordant une place croissante à la pétrochimie en vue de passer d’une économie centrée sur l’exportation de matières brutes à un modèle intégré, créateur de valeur locale. Cette orientation devrait permettre de réduire les importations, d’attirer davantage d’investissements étrangers et de dynamiser le tissu industriel national, notamment les PME.
Noureddine Daoudi a affirmé qu’il s’agit, pour Sonatrach, « de passer d’un modèle dominé par l’amont vers un modèle intégré, où la pétrochimie devient un levier stratégique de souveraineté industrielle, de diversification économique et de création de valeur locale, tout en consolidant le rôle de l’Algérie comme acteur énergétique majeur à l’échelle régionale et euro-méditerranéenne ».
Il a expliqué que les projets conduits dans ce segment auront un impact considérable sur l’économie nationale et constituent une opportunité pour attirer les investissements directs étrangers (IDE), de créer des emplois directs et indirects, et d’encourager les PME, notamment dans la transformation des matières plastiques, en plus d’être des vecteurs de valorisation des hydrocarbures, de satisfaction du marché national en produits pétrochimiques, actuellement importés.
Dans le cadre d’un ambitieux programme structurant dédié au raffinage et à la pétrochimie, Sonatrach a lancé plusieurs projets de « taille mondiale », et qui sont destinés à réduire les importations et atteindre l’autosuffisance.
Parmi ces projets actuellement en phase de construction, réalisés en efforts propres par le groupe, le complexe MTBE (Méthyl Tert-Butyl Ether) à Arzew, un additif, actuellement importé, utilisé dans la formulation de l’essence, le complexe LAB (Linéaire Alkylbenzène) à Skikda dont le produit est mis au service de l’industrie des détergents et des nettoyants, et le complexe STEP/PDH PP à Arzew, pour la production du polypropylène, a expliqué le P-DG de Sonatrach.
Dans le cadre du partenariat, Sonatrach est associée avec la compagnie turque Ronesans pour un projet PDH PP, actuellement en phase de construction en Turquie, a-t-il mentionné, notant que le groupe continue de discuter et d’étudier avec divers partenaires potentiels d’autres projets pétrochimiques liés à la production de plastique et de méthanol.
Noureddine Daoudi a, dans ce cadre, relevé que le projet MTBE, entamé en 2022, connaît actuellement « une progression de 86% en février 2026 avec une entrée en production progressive et une mise en service graduelle des unités, projetée à juin 2026 ».
A propos des récents partenariats internationaux conclus par Sonatrach, notamment dans le cadre du Bid Round 2024, le P-DG du groupe a indiqué que l’année 2025 a été marquée par la conclusion de huit (8) contrats d’hydrocarbures, dans le cadre de la loi 19-13, avec de grandes compagnies internationales, dont cinq contrats dans le cadre de l’appel à concurrence lancé par Alnaft.
« Sonatrach poursuit présentement ses discussions avec de nombreuses autres compagnies, dont des majors, pour la conclusion de nouveaux contrats d’hydrocarbures, et ce, dans le cadre des différents protocoles d’accord signés en 2024 et 2025 », a-t-il dit à ce propos.

