Les réunions se succèdent autour d’un seul leitmotiv : accélérer le rythme des travaux et livrer le mégaprojet de ligne minière de l’Est dans les délais. C’est dans cet esprit que le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, tient des réunions non-stop afin d’accélérer les travaux de ce projet et de les livrer dans les délais impartis, pour permettre l’exploitation commerciale optimale des mines de zinc, de phosphates et de cuivre situées dans l’Est du pays.
Le ministre a présidé hier une réunion de coordination consacrée au suivi de l’avancement de ces projets en cours de réalisation dans différentes wilayas, ainsi qu’à l’examen des projets devant être lancés, indique un communiqué du ministère.
Mardi dernier, le ministre avait également tenu des réunions au siège du ministère, consacrées en particulier au suivi de l’avancement des travaux de la ligne minière Est (Bouchegouf-Souk Ahras-Dréa), sur une distance de 121 km, ainsi qu’aux travaux d’extension du port phosphatier d’Annaba.
Lors de cette réunion, des exposés techniques détaillés ont été présentés sur l’état d’avancement du tronçon Bouchegouf-Souk Ahras-Dréa, caractérisé par un relief complexe, notamment sur les deux sections Bouchegouf-Ain Seynour (72 km) et Ain Seynour-Dréa (49 km).
Abdelkader Djellaoui a souligné l’importance de mobiliser toutes les capacités et de renforcer les chantiers avec les moyens nécessaires afin d’accélérer la cadence des travaux, tout en intensifiant la coordination entre toutes les parties et en respectant le calendrier fixé. L’objectif est de finaliser le projet dans les délais impartis, conformément aux instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, données lors des réunions du Conseil des ministres.
En outre, en prévision d’une visite prévue la semaine prochaine, le ministre a présidé une réunion consacrée au suivi des travaux d’extension du port phosphatier d’Annaba, comprenant la réalisation d’un quai minéralier dans le cadre du projet de phosphate intégré (PPI).
Cette réunion s’est tenue en présence du directeur général et des cadres de l’Agence nationale de réalisation des infrastructures portuaires (ANRIP), des représentants des entreprises nationales de réalisation, ainsi que du partenaire étranger.
On le voit, le ministère des Travaux publics met les bouchées doubles afin de livrer ces projets dans les délais et sans contraintes, ce qui permettra de lancer efficacement l’exploitation des gisements miniers, dont il assure le transport des minerais vers le port d’Annaba. Cette ligne ferroviaire Est doit concrètement desservir deux grands projets : le complexe de transformation et de production de fertilisants azotés et phosphatés d’Oued Kebrit, dans la wilaya de Souk Ahras, et le projet intégré de phosphates de Bled El Hadba, comprenant une mine à ciel ouvert ouverte en 2025 pour l’extraction de phosphate.
Ces projets font l’objet d’un suivi permanent du président de la République. En novembre dernier, lors de sa visite de travail dans la wilaya de Constantine, le président Tebboune avait rappelé que l’Algérie « se prépare à entamer l’exploitation effective de projets économiques vitaux et stratégiques, qui entreront en production prochainement, parmi lesquels le projet d’extraction, de transformation et d’exportation du phosphate vers les marchés mondiaux, avec une capacité de production de dix millions de tonnes par an ».
Il avait précisé que le projet de phosphate intégré « augmentera la production annuelle de phosphate en Algérie, la faisant passer de 2,5 millions de tonnes à 10,5 millions de tonnes ». De par ses potentialités, l’Algérie figure parmi les dix premiers pays au monde en matière de réserves de phosphate, estimées à plus de 3 milliards de tonnes, situées dans l’Est du pays.
La plupart de ces réserves se trouvent dans la mine de Bled El Hadba, qui dispose d’environ 1,2 milliard de tonnes exploitables pendant plus de 80 ans. Pour assurer la fluidité des exportations algériennes de phosphates à partir des mines de l’Est, un corridor ferroviaire et portuaire est en cours de réalisation, comprenant notamment un mini-port intégré au port principal d’Annaba.
Le nouveau quai minéralier, actuellement en construction, doit permettre le traitement et l’exportation annuelle d’environ 10 millions de tonnes de phosphate et de produits phosphatés, acheminés via le corridor ferroviaire minéralier Est, dans le cadre d’un dispositif logistique intégré reliant les zones de production aux infrastructures portuaires.
Le raccordement du gisement de phosphate de Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, au port d’Annaba sera assuré par une double voie ferroviaire en cours de construction. Cette infrastructure permettra non seulement de réduire les coûts de transport à l’exportation, mais aussi d’améliorer la performance de la chaîne nationale du phosphate et de renforcer la compétitivité du produit algérien sur les marchés internationaux.
À ce projet s’ajoute celui du complexe de transformation et de production de fertilisants azotés et phosphatés d’Oued Kebrit, dans la wilaya de Souk Ahras. Ces deux projets intégrés, lancés en 2024 et dont la réception est prévue avant fin 2026, s’inscrivent dans le cadre du projet de phosphate intégré et de la politique nationale de développement des exportations hors hydrocarbures.

