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Visite du pape Léon XIV en Algérie: Un message de paix et de dialogue entre les peuples

La visite du pape Léon XIV en Algérie est présentée comme un moment « exceptionnel », porteur d’un message de paix et de dialogue entre les peuples. C’est ce qu’a déclaré le président du Conseil islamique supérieur (HCI), Mabrouk Zaid El-Kheir, dans une déclaration à l’APS.

Il a estimé que cet événement s’inscrit dans la continuité de l’histoire de l’Algérie, marquée par la succession des civilisations et par un héritage fondé, selon lui, sur la tolérance et l’ouverture. Il a rappelé que « l’Algérie a toujours été un pont de communication entre les peuples et une voix engagée en faveur des opprimés ».

Évoquant le slogan de la visite, « Assalamou alaykoum », le responsable du HCI a souligné la portée symbolique de cette formule. Selon lui, elle traduit une vision de la paix comme principe essentiel de stabilité et de coopération entre les nations.

Pour le président du HCI, cette visite illustre également une évolution des relations internationales vers des formes de coopération fondées sur le dialogue culturel et religieux.

Il estime que les relations entre l’Algérie et le Saint-Siège peuvent être considérées comme un « exemple de coopération » basé sur la compréhension mutuelle. Il a aussi insisté sur la dimension humanitaire de cette rencontre, estimant qu’elle doit permettre de rappeler la nécessité de soutenir les peuples vulnérables et de promouvoir les valeurs de justice et de dignité.

Dans cette logique, il considère que l’Algérie joue un rôle de plateforme de dialogue et de recherche de consensus. Le responsable a enfin évoqué la dimension historique et spirituelle liée à la figure de Saint Augustin, dont il rappelle l’ancrage dans l’histoire de la région.

Selon lui, cette référence permet de relier le passé au présent et de souligner la continuité d’un espace de dialogue et de pensée. Il a également affirmé que cette visite s’inscrit dans une dynamique de promotion du dialogue entre les religions et les cultures, tout en rappelant l’attachement de l’Algérie à ses constantes nationales et aux valeurs de l’islam fondées sur la paix et la coopération.

Pour sa part, le chef de cabinet au ministère des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohand Azzoug, a indiqué sur la chaîne 1 que la visite du pape en Algérie revêt des dimensions politiques, historiques et civilisationnelles.

Il a précisé que cette visite sera l’occasion d’examiner l’état des relations bilatérales entre l’Algérie et le Vatican, estimant que leur élévation au plus haut niveau protocolaire reflète des significations profondes, à la fois politiques, historiques et civilisationnelles.

Dans ce même contexte, il a souligné la dimension historique de cette visite, mettant en avant deux figures majeures reliant l’Algérie au monde chrétien : Saint Augustin, figure de référence entre pensée islamique et occidentale, et l’émir Abdelkader, symbole universel de tolérance et de dialogue entre les religions, notamment pour ses positions humanitaires en faveur des chrétiens en Syrie au XIXe siècle.

Programme du souverain pontife

Le souverain pontife, déjà venu à deux reprises en Algérie à titre privé, foule cette fois le sol algérien en tant que chef de l’Église catholique pour une visite de trois jours, dans un contexte international particulièrement sensible.

Le pape entamera son programme par un recueillement au Sanctuaire du Martyr, avant de prononcer une première allocution. Un entretien est également prévu avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ainsi qu’une rencontre avec des représentants de la société civile à Djamaâ El Djazaïr.

Il prévoit également des échanges avec les communautés catholique et musulmane à la basilique Notre-Dame d’Afrique. Le déplacement du souverain pontife se poursuivra à Annaba, haut lieu associé à Saint Augustin, figure centrale à laquelle il se réfère explicitement.

Dans ce contexte, les prises de position de l’archevêque d’Alger, le cardinal Jean-Paul Vesco, sur la mémoire coloniale et les relations entre l’Algérie et la France, ont suscité un large écho.

Dans un entretien accordé au quotidien L’Humanité, il revient sur le rôle de l’Église durant la période coloniale, rappelant qu’elle « est revenue en Algérie avec la colonisation », tout en soulignant que certains religieux s’en sont démarqués en soutenant la cause algérienne.

Il adopte une lecture très critique du fait colonial, affirmant que « le fait colonial est criminel par essence », tout en distinguant les systèmes des individus. Évoquant les relations entre Alger et Paris, il compare la colonisation à une violence structurelle, insistant sur ses conséquences durables sur la société algérienne.

Il souligne également les effets historiques de cette période, estimant que les Algériens ont été privés de leur terre, de leur histoire et de leur dignité. Le cardinal critique aussi le décalage entre les recherches historiques et la mémoire collective en France, estimant que les violences de la colonisation restent insuffisamment reconnues.

Il évoque par ailleurs la décennie noire en Algérie, rappelant les victimes du conflit, dont les moines de Tibhirine et d’autres religieux assassinés, ainsi que les nombreuses victimes civiles, y compris des imams.

Il élargit enfin son propos aux conflits internationaux, notamment au Proche-Orient, en évoquant les violences du 7 octobre dans une lecture contextualisée, tout en soulignant les causes historiques des tensions.

Dans ce contexte, ses déclarations continuent de susciter des réactions contrastées, notamment dans les médias français, où elles alimentent le débat sur la mémoire coloniale et les relations entre l’Algérie et la France.

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L'express quotidien du 13/04//2026

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