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En quête de soutien: Le Mali fait fausse route

À défaut de sortir de l’isolement, Bamako semble changer d’allié. En misant sur Rabat, le Mali pourrait bien se tromper de cap, privilégiant un repositionnement diplomatique aux résultats incertains plutôt qu’une réponse concrète à ses crises sécuritaire, économique et politique. Ce choix, dicté par l’urgence plus que par une vision stratégique, risque d’accentuer ses fragilités au lieu de les résorber.

Englué dans une crise sécuritaire persistante, asphyxié sur le plan économique et en proie à un isolement diplomatique croissant, le Mali semble aujourd’hui faire un pari risqué : celui de chercher un nouveau point d’appui du côté du Maroc, au risque de s’engager dans une impasse.

L’annonce du retrait de la reconnaissance de la République arabe sahraouie (RASD), faite à Bamako par le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, en présence de son homologue marocain Nasser Bourita, traduit un repositionnement qui interroge sur ses véritables motivations et ses conséquences.

En affichant son soutien au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, Bamako reprend à son compte une ligne diplomatique largement contestée, en décalage avec certaines positions africaines et internationales. Cette inflexion traduit moins une conviction souveraine qu’une tentative de rompre un isolement devenu pesant.

Car derrière ce rapprochement, c’est bien la fragilité du pouvoir malien qui transparaît. Confrontée à une insécurité chronique, à une économie sous pression et à des relations tendues avec plusieurs partenaires régionaux, la junte cherche à exister sur la scène internationale en multipliant les alliances de circonstance.

Le Maroc, déjà présent économiquement au Mali, apparaît ainsi comme un partenaire de substitution. Mais ce choix pourrait s’avérer illusoire. Rabat poursuit avant tout ses propres objectifs, notamment liés au dossier du Sahara occidental, sans pour autant offrir de réponse concrète aux défis structurels auxquels fait face Bamako.

En réalité, ce repositionnement ressemble davantage à une fuite en avant qu’à une véritable stratégie de sortie de crise. En s’éloignant de partenaires régionaux clés et en misant sur un soutien dont la portée reste incertaine, le Mali risque de s’enfermer davantage dans son isolement.

Dans un Sahel marqué par une interdépendance profonde, notamment en matière de sécurité et de développement, certains pays comme le Niger semblent privilégier une approche plus pragmatique, en maintenant des équilibres dans leurs relations.

Une orientation qui contraste avec le choix malien et qui pourrait, à terme, s’imposer comme une nécessité pour restaurer la stabilité régionale. Plus qu’un tournant diplomatique, la décision de Bamako révèle ainsi les hésitations d’un pouvoir en quête de légitimité et de relais, mais qui pourrait bien se tromper de soutien dans un contexte de crise multidimensionnelle.

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L'express quotidien du 13/04//2026

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