Véritable vitrine du potentiel économique national, la 57e Foire internationale d’Alger met en lumière les progrès réalisés par l’industrie algérienne dans de nombreux secteurs stratégiques. À travers une forte participation nationale et étrangère, l’événement confirme l’attractivité du marché algérien, tout en offrant de nouvelles perspectives de partenariat, d’investissement et d’exportation, notamment vers le continent africain.
La 57e Foire Internationale d’Alger (FIA), qui se déroule au Palais des Expositions des Pins Maritimes, connaît une grande affluence d’opérateurs économiques, d’hommes d’affaires ainsi que de visiteurs. Tous viennent découvrir de près le dynamisme industriel qui caractérise la scène économique algérienne, ainsi que le niveau atteint par les entreprises étrangères présentes dans cet immense espace d’exposition.
Les participants à cet événement économique ont été unanimes à saluer la parfaite organisation de cette édition, soulignant qu’elle offre de réelles opportunités pour nouer des relations professionnelles directes entre les partenaires économiques des différents pays participants. Cette manifestation économique accueille 781 exposants, dont 202 opérateurs étrangers issus de 36 pays.
Parmi les secteurs d’activité les plus représentés figurent l’énergie, la chimie et la pétrochimie avec 98 exposants, l’agroalimentaire et l’emballage avec 95 opérateurs, le bâtiment et les travaux publics avec 65 exposants, l’industrie mécanique, la sidérurgie et les collectivités avec 58 opérateurs, ainsi que les services avec 78 participants. La FIA raconte l’histoire de 57 années de succès.
Elle témoigne de l’intérêt porté par les hautes autorités à la production nationale et de l’attractivité du marché algérien auprès des pays partenaires et des opérateurs étrangers. La FIA s’impose ainsi comme une véritable vitrine des capacités industrielles développées par l’Algérie dans ses différents secteurs de production.
Cet événement constitue un espace privilégié permettant aux exposants de mettre en valeur la compétitivité de leurs produits. À cet égard, plusieurs visiteurs ont confié à L’Express attendre ce rendez-vous annuel avec impatience afin de découvrir les dernières nouveautés, d’autant plus que la foire leur offre l’opportunité unique d’échanger directement avec les fabricants.
Pour leur part, les opérateurs économiques nationaux et étrangers participant à cet événement ont exprimé leur satisfaction quant au niveau d’organisation de la foire. Ils ont affirmé qu’il s’agissait d’une excellente opportunité pour conclure des contrats et des accords de partenariat, que ce soit entre acteurs d’un même pays ou dans le cadre de coopérations bilatérales avec l’Algérie.
Cette manifestation met particulièrement en avant le « Made in Algeria » ainsi que les partenariats internationaux noués par les entreprises nationales. De fait, l’état des lieux de l’activité industrielle nationale révèle une progression significative dans plusieurs filières clés, notamment les matériaux de construction, l’agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique, l’électroménager et le textile.
Ces avancées suscitent aujourd’hui un vif intérêt de la part des opérateurs étrangers, en particulier ceux du continent africain. Et pour cause : les taux de couverture du marché national varient désormais entre 50 % et 80 % selon les secteurs d’activité, tandis que certains produits ont franchi un cap supplémentaire en atteignant les 100 %, synonyme d’autosuffisance totale.
C’est précisément cette forte dynamique de production qui explique la nouvelle orientation stratégique de l’Algérie. Le pays se tourne désormais résolument vers le marché continental afin d’exporter ses excédents, notamment dans le cadre de la ZLECAF (Zone de libre-échange continentale africaine).
Un marché convoité par les opérateurs étrangers
L’Algérie s’affirme comme une véritable porte d’entrée vers l’Afrique grâce à son vaste réseau d’infrastructures, à son poids économique et à ses mégaprojets d’intégration. Sa position stratégique, ses infrastructures modernes et ses corridors transsahariens en font un carrefour incontournable pour les échanges euro-africains et intra-africains, estiment plusieurs opérateurs étrangers.
C’est notamment le cas d’Airgo Shoes, une entreprise spécialisée dans la fabrication et la commercialisation de chaussures. Jusqu’à présent tournée vers l’Europe et le bassin méditerranéen, avec des exportations vers le Portugal, la France, l’Espagne et la Turquie, l’entreprise ne dispose encore d’aucun débouché sur le continent africain, explique son représentant, Ramzi Yelassi.
Son objectif est désormais de faire son entrée sur le marché africain en passant par ce qu’il qualifie de « porte naturelle : l’Algérie ». Doté de deux lignes de production, ce fabricant affiche une capacité qui varie selon les articles et peut atteindre jusqu’à 800 paires de chaussures par jour. « Nous sommes venus ici pour prospecter et trouver de nouveaux marchés », confie-t-il.
De son côté, Sidimohamed Yaye, opérateur mauritanien et membre de la Plateforme Algéro-Mauritanienne des Affaires (PAMA), rappelle que cette initiative stratégique vise à dynamiser le partenariat économique entre Alger et Nouakchott. « Notre objectif est de trouver des partenaires répondant aux standards internationaux afin de satisfaire les besoins du marché mauritanien.
Plutôt que de nous tourner vers des acteurs chinois ou européens, nous privilégions l’Algérie, un pays qui réalise des progrès considérables et qui regorge de potentiel », souligne-t-il. M. Sidimohamed Yaye, opérateur dans le secteur du bâtiment, espère ainsi concrétiser des accords avec des entreprises algériennes de grande envergure, certifiées à l’international, capables de fournir des produits de qualité tout en assurant un transfert de savoir-faire à travers des projets clés en main.
« L’Algérie affiche une réelle volonté de s’ouvrir sur l’Afrique et elle le concrétise sur le terrain. Maintenant, il s’agit de trouver des acteurs algériens capables de répondre aux besoins du marché mauritanien, et vice versa », ajoute-t-il. Quant à la société jordanienne API, spécialisée dans la fabrication de sacs en tissu, de consommables médicaux, de films agricoles, de tissus non tissés et de carbonate de calcium, elle marque sa toute première participation à la foire.
Par la voix de son représentant, Safwan Sameer, l’entreprise exprime son souhait de décrocher des opportunités d’affaires et de nouer des partenariats durables avec des opérateurs algériens, notamment dans le secteur agricole qui connaît actuellement une transformation majeure.
Bien qu’elle compte déjà des clients en Tunisie et en Égypte, API cible désormais l’Algérie, qu’elle qualifie de grand pays doté d’un immense potentiel et d’un avenir économique prometteur. Cette édition a également été marquée par la participation d’un opérateur venu de Palestine.
Il s’agit de Beit Jala, une entreprise spécialisée dans l’industrie pharmaceutique dirigée par le Dr Anwar Abu Nasr. Venue d’un pays confronté à la guerre, l’entreprise a pourtant réussi à relever le défi de la production locale avant de franchir le cap de l’exportation. Beit Jala exporte d’ailleurs ses produits vers l’Algérie depuis 2010.
« Nous nous sommes lancés dans ce secteur stratégique pour garantir notre souveraineté sanitaire et ne pas dépendre de l’entité sioniste pour nos produits pharmaceutiques », explique sa présidente, rappelant que les Palestiniens sont reconnus pour leur savoir-faire et leur excellence dans ce domaine.

