Alors que les prix de plusieurs produits alimentaires connaissent une forte poussée, Abdelmadjid Tebboune adresse un avertissement clair aux spéculateurs. Le président de la République réaffirme la détermination de l’État à préserver le pouvoir d’achat des ménages.
La flambée des prix des fruits et légumes a de nouveau placé le pouvoir d’achat au centre du débat public. Lors de son entrevue périodique avec les représentants de la presse nationale, diffusée samedi soir sur les chaînes nationales de télévision et de radio, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a voulu rassurer les citoyens, affirmant que l’État œuvrerait sans relâche à préserver le pouvoir d’achat des citoyens.
Selon lui, l’économie nationale dispose de bases suffisamment solides pour soutenir une croissance correcte, mais cette performance ne saurait avoir de sens si elle ne se traduit pas concrètement dans la vie quotidienne des ménages.
Interrogé sur la hausse de certains produits, le président Tebboune a écarté l’idée d’une responsabilité généralisée des agriculteurs.
Il a estimé que « la majorité des agriculteurs ne sont pas responsables du niveau atteint par les prix », tout en précisant que ceux qui alimentent cette hausse devront en répondre. Il a attribué une partie du phénomène à « la cupidité de ceux qui profitent des circonstances », qualifiant ces derniers de « parasites ».
Pour le chef de l’État, les incendies survenus en juillet dans plusieurs wilayas du centre et de l’est du pays ont pu réduire l’offre de certains produits, mais ils ne sauraient justifier les niveaux de prix constatés, d’autant que le secteur agricole bénéficie de soutiens importants en matière d’électricité, d’eau et d’engrais.
Cette mise en garde prolonge la réaction ferme du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud. Quelques jours plus tôt, en marge de l’installation du nouveau wali de Ksar El Boukhari, ce dernier avait dénoncé des hausses qu’il jugeait injustifiées et contraires à la saisonnalité des productions.
« J’ai 60 ans et je n’ai jamais vu la tomate à 200 DA en août. Elle n’a jamais dépassé les 20 DA », avait lancé le ministre, avant d’ajouter que celui qui agit ainsi « n’aime ni l’Algérie ni les Algériens ».
Une formule qui a marqué les esprits et traduit l’agacement des autorités face à des prix perçus comme artificiellement gonflés. Saïd Sayoud avait toutefois nuancé son diagnostic.
Il avait expliqué que la hausse des prix des viandes blanches était notamment liée aux incendies et aux vagues de chaleur de l’été, qui ont affecté la filière avicole, tandis que certains produits importés subissent l’augmentation du fret maritime et des primes d’assurance sur des routes commerciales devenues plus tendues.
Le président Tebboune a également rappelé que l’Algérie avait déjà connu des situations comparables durant la période de l’« issaba », en référence à l’oligarchie prédatrice.
« Quiconque s’en prend au peuple s’en prend à moi personnellement », a-t-il déclaré, faisant du pouvoir d’achat une question de justice sociale, mais aussi une ligne rouge pour l’État. Après cette nouvelle mise au point présidentielle, l’attention se porte désormais sur les suites concrètes qui seront données à ces déclarations.
Les contrôles, les enquêtes et les éventuelles sanctions suffiront-ils à ramener les prix à des niveaux supportables pour les ménages ? Car, au-delà des déclarations fermes des autorités, le citoyen ne leur accordera pleinement crédit que s’il constate un effet visible et durable sur son panier de courses.
