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Alger

Premières condamnations à mort pour trafic de drogues

La Cour criminelle près la Cour d’Alger a prononcé, hier, les premières condamnations à la peine capitale fondées sur la loi 25-03 du 1er juillet 2025, qui durcit la lutte contre le trafic de stupéfiants et de substances psychotropes. Neuf accusés ont été condamnés dans deux affaires portant sur 113 kilogrammes de cocaïne et 225 030 comprimés de prégabaline.

Trois d’entre eux étaient présents à l’audience, tandis que six autres ont été jugés par contumace. Les poursuites concernent l’importation, le transport, l’expédition, le stockage et la détention de drogues dures et de substances psychotropes en vue de leur vente.

 Les accusés étaient également poursuivis dans le cadre d’un groupe criminel organisé, avec des chefs d’accusation liés à la contrebande, à l’usurpation d’identité, à l’immigration clandestine, au séjour irrégulier et au blanchiment d’argent.

Ces verdicts constituent les premières condamnations à mort prononcées en application de la loi 25-03. Adopté le 1er juillet 2025. La loi entend ainsi répondre à la progression du trafic de drogues et à la circulation de produits considérés comme particulièrement dangereux.

Dans les affaires jugées hier, la quantité de cocaïne saisie et le nombre de comprimés concernés ont été retenus dans un dossier présenté comme portant atteinte à la sécurité nationale et à l’ordre public.

La portée de ces condamnations s’explique aussi par l’histoire récente de la peine capitale en Algérie. La dernière exécution remonte à 1993. La suspension de l’application de la peine de mort a ensuite été décidée en 1994, dans un contexte marqué par les critiques suscitées par les exécutions intervenues après l’attentat de l’aéroport d’Alger.

La situation connaît désormais une évolution sur le plan judiciaire. La réintroduction récente de la peine de mort dans la loi algérienne, à travers l’élargissement des infractions concernées par la loi de 2025, donne aux magistrats un nouvel outil de répression dans les affaires de trafic aggravé.

Les premières condamnations prononcées sous la loi 25-03 marquent une nouvelle étape dans la politique pénale du pays. Elles traduisent la volonté des autorités de frapper les réseaux de narcotrafic présentés comme une menace pour la sécurité du pays et la stabilité de la société.

Après plus de trente ans de suspension, l’Algérie se trouve ainsi face à une nouvelle réalité. La peine de mort n’a jamais disparu de ses textes, mais son champ d’application vient d’être élargi et ses premières condamnations fondées sur la loi de 2025 viennent d’être prononcées.

La question de leur éventuelle exécution demeure toutefois distincte de celle du verdict, puisque le moratoire sur les mises à mort reste établi dans les faits depuis 1993.

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L'express quotidien du 06/10//2026

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