Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Ait Messaoudene, a coprésidé, hier à Alger, avec le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, l’ouverture des travaux de la 2e Conférence internationale du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens d’Algérie (CNOP Algérie), avec la participation de représentants des instances professionnelles et d’opérateurs du secteur pharmaceutique de plusieurs pays.
Placée sous le slogan « Souveraineté nationale, ouverture africaine pour une santé durable », cette manifestation se penche sur les enjeux actuels et futurs dans le secteur pharmaceutique, notamment la souveraineté sanitaire, le renforcement de la production nationale, l’innovation, la coopération africaine et la sécurité d’approvisionnement du marché en médicaments.
Lors de son allocution, M. Kouidri a estimé que « la souveraineté sanitaire est devenue aujourd’hui indissociable de la capacité des États à développer leurs systèmes de santé et pharmaceutiques, à garantir la continuité de l’approvisionnement en produits pharmaceutiques et dispositifs médicaux, et à renforcer leurs capacités nationales en matière de production, de recherche, de développement et d’innovation ». Ce qui leur permet de répondre efficacement aux besoins croissants de la santé publique, ajoute le ministre.
Il a souligné dans ce contexte que l’industrie pharmaceutique en Algérie a connu ces dernières années un développement important. Le secteur s’appuie en effet, sur un maillage de près de 230 unités de production, illustrant le dynamisme des investissements et le renforcement des capacités locales. En 2025, la valeur de la production s’est élevée à 4,9 milliards de dollars, permettant de satisfaire 82 % des besoins du marché national en valeur, a ajouté M. Kouidri.
Afin de poursuivre sur cette lancée, son département de Koudiri s’attelle à renforcer les capacités de production et de compétitivité, à élever la valeur ajoutée, à élargir les perspectives d’exportation tout en soutenant l’investissement dans les biotechnologies, les vaccins et les traitements innovants, ainsi qu’en encourageant la recherche et la production de matières premières et d’intrants pharmaceutiques.
Le ministère fait savoir, M. Kouidri s’attelle à renforcer sa collaboration avec les instances internationales afin d’implanter en Algérie une Plateforme pharmaceutique stratégique africaine afin de sécuriser l’approvisionnement du continent en médicaments, vaccins et produits de santé prioritaires. « En mutualisant nos compétences dans la production, la régulation, la logistique et le transfert de technologie, cette plateforme renforcera la coopération Sud-Sud, garantira la sécurité sanitaire africaine et répondra de manière durable aux enjeux de santé du continent », indique le ministre.
Toutefois, l’édification d’une industrie pharmaceutique solide et durable dépasse le simple accroissement des capacités de production. Elle exige un cadre réglementaire et de contrôle rigoureux, garant de la qualité, de l’efficacité et de la sécurité des soins.
L’ambition pour le ministre est que les capacités développées en Algérie en matière de production de soins, de matières premières, de vaccins, mais aussi de régulation et de formation soutiennent une dynamique continentale capable de répondre aux besoins de l’Afrique par ses propres moyens.
Cette souveraineté sanitaire africaine ne deviendra réalité que par la complémentarité des efforts et la confiance mutuelle entre États, institutions et professionnels, faisant de la coopération régionale le moteur d’une santé durable au service des populations, conclut M. Kouidri. .
La sécurité pharmaceutique socle de la souveraineté sanitaire
Pour sa part, le ministre de la santé a indiqué que « la souveraineté sanitaire se mesure à notre capacité à identifier nos besoins, à les planifier, à les sécuriser, à diversifier nos sources, à développer nos capacités sanitaires nationales, à garantir la qualité des produits de santé, ainsi qu’à prendre des décisions sanitaires sur la base de données précises et fiables ». Pour autant, bâtir cette souveraineté ne signifie nullement le repli sur soi. Elle exige au contraire une ouverture affirmée sur notre environnement, à commencer par notre espace africain. Nous voulons que cette ouverture soit fondée sur le partage d’expertises, la montée en compétences, la recherche scientifique et le renforcement de la coopération en matière de régulation, de contrôle et de production, afin de consolider nos capacités sanitaires communes.
Le ministre a par ailleurs réaffirmé le rôle central du pharmacien considéré comme « un garant de la sécurité des patients, du bon usage des traitements, de l’exigence de qualité, ainsi qu’un acteur clé de la prévention et de la sensibilisation ». Dans cette optique, l’avenir de la profession repose sur la valorisation de ses différents métiers, citant le pharmacien d’officine, hospitalier, le pharmacien biologiste ainsi que le pharmacien dans l’industrie pharmaceutique. « La complémentarité de ces expertises concourt à un objectif unique qui est d’offrir au patient une prise en charge optimale en lui garantissant des produits de santé sûrs, efficaces et disponibles au moment opportun ».
Pour un système de santé performant et pérenne, le ministère de la Santé développe et actualise en continu la « Carte sanitaire nationale » afin d’aligner l’offre de soins sur les besoins réels des citoyens, garantir la proximité des services et instaurer une véritable équité territoriale, précise M. Ait Messaoudène. Cette carte intègre l’ensemble de l’écosystème de santé y compris le réseau des officines et des laboratoires d’analyses.
Mettant en avant l’importance de la sécurité pharmaceutique qui demeure à ses yeux, le socle de notre souveraineté sanitaire. Raison pour laquelle, l’État poursuit son soutien à l’industrie nationale par l’élargissement du tissu productif, la promotion de l’investissement, le transfert de technologie et le renforcement des compétences, dans le but de sécuriser les approvisionnements et de répondre durablement aux besoins du pays, renchérit le ministre pour qui, « l’avenir de la pharmacie est lié à notre capacité à associer la science et la responsabilité professionnelle, l’innovation et la gouvernance, ainsi que les capacités nationales et l’ouverture sur notre environnement »
