L’accélération de la diversification économique et le soutien à l’investissement productif hors hydrocarbures figurent parmi les principales orientations retenues par le gouvernement pour l’année à venir, dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) 2027.
Elaboré sur la base d’un prix de référence du pétrole de 60 dollars le baril et d’un prix de marché de 70 dollars, le texte s’inscrit dans une démarche visant à consolider la croissance, à renforcer les capacités de production nationales, à améliorer le climat des affaires et à préserver le pouvoir d’achat des citoyens.
La stratégie budgétaire adoptée par l’exécutif repose ainsi sur une progression attendue de l’activité hors hydrocarbures, appelée à contribuer davantage à la création de richesses et aux recettes de l’État. Selon les prévisions, le produit intérieur brut (PIB) devrait croître de 4,2 % en 2027, tandis que le PIB hors hydrocarbures atteindrait 47 492 milliards de dinars.
Les projections tablent sur la poursuite de cette progression au cours des deux années suivantes. Les objectifs sectoriels mettent en avant l’industrie, l’agriculture, le bâtiment et les services.
La croissance annuelle moyenne de l’industrie est projetée à 5,9 % sur la période considérée, contre 4,6 % pour l’agriculture, 5,3 % pour le bâtiment et les travaux publics (BTP) et 5 % pour les services. Dans le secteur agricole, le gouvernement prévoit notamment d’accroître la production de blé, avec un objectif de 64 millions de quintaux à l’horizon 2029, contre 49 millions en 2026.
Cette orientation vise à renforcer la production nationale et à consolider la sécurité alimentaire. L’investissement public doit accompagner cette dynamique. Le projet de loi prévoit des dépenses d’investissement de 3 725,1 milliards de dinars en 2027.
Les infrastructures de transport, les projets structurants et l’amélioration de la connectivité des territoires figurent parmi les leviers retenus pour soutenir l’activité économique et réduire les coûts logistiques. Le projet prévoit également des mesures fiscales destinées à faciliter certaines activités productives, notamment des exonérations de droits de douane et de TVA sur des composants et des matières premières utilisés dans la sous-traitance des industries mécaniques, électroniques et électriques, sous réserve du respect des conditions d’éligibilité prévues.
La simplification des procédures, la numérisation de l’administration et l’accompagnement des opérateurs économiques complètent ce dispositif. Le gouvernement entend ainsi améliorer les conditions de réalisation des investissements et renforcer la contribution des entreprises nationales à la production et aux exportations.
Le PLF 2027 prévoit des recettes budgétaires globales de 9 251,1 milliards de dinars, pour des dépenses estimées à 17 882,6 milliards de dinars. Les recettes fiscales ordinaires sont évaluées à environ 5 282,3 milliards de dinars, tandis que la fiscalité pétrolière est prévue à 2 652,3 milliards de dinars.
Cette structure souligne l’importance de l’élargissement de l’assiette fiscale et de l’amélioration du recouvrement pour assurer le financement des dépenses publiques.
Parmi les mesures proposées figurent plusieurs ajustements concernant les produits du tabac, les boissons alcoolisées, certaines catégories de véhicules et l’impôt sur la fortune. Le texte prévoit notamment l’instauration d’une taxe de 5 % sur les ventes de produits du tabac, distincte de la TVA, ainsi qu’un relèvement de la taxe intérieure de consommation applicable à la bière.
Le projet propose également d’abaisser de 100 à 80 millions de dinars le seuil d’assujettissement à l’impôt sur la fortune et de réviser son barème progressif.
D’autres dispositions visent à renforcer les obligations déclaratives des opérateurs de plateformes de commerce électronique afin d’améliorer le suivi des transactions et le recouvrement de l’impôt.
Concernant les carburants, le texte évoque la possibilité d’une révision des prix par les autorités compétentes, sans fixer de nouveaux tarifs à la pompe ni annoncer de calendrier. « L’État maintient une politique de tarification des carburants parmi les plus avantageuses et stables au monde, visant à soutenir durablement le modèle énergétique national », souligne le document.
La vignette automobile devrait également faire l’objet d’une révision tarifaire pour les véhicules de tourisme aménagés en utilitaires. « Compte tenu de la valeur de ces véhicules, qui ne sont pas accessibles à tous les citoyens, il devient plus que nécessaire de relever le tarif de la vignette qui leur est applicable, afin qu’il soit en adéquation avec leur prix d’acquisition », indique le projet.
Les tarifs passeraient de 20 000 à 30 000 DA pour les véhicules âgés de trois à six ans, et de 25 000 à 40 000 DA pour ceux de moins de trois ans.
Ces dispositions visent à mobiliser davantage de ressources fiscales et à moderniser les mécanismes de déclaration et de recouvrement. Leur mise en œuvre devra toutefois tenir compte des instructions présidentielles relatives à la préservation du pouvoir d’achat des catégories à revenus moyens ou modestes.
Le développement des activités hors hydrocarbures, l’amélioration du recouvrement fiscal et la concrétisation des investissements constitueront ainsi des enjeux majeurs pour les finances publiques.
