Selon la chaîne publique algérienne AL24 News, les Émirats arabes unis prépareraient la création d’une importante unité de mercenaires, ou ce qui est présenté comme une « légion étrangère », composée de ressortissants de plusieurs nationalités, dont des Algériens.
Dans l’un de ses contenus diffusés dimanche 11 octobre, la chaîne a fait état de l’existence d’un projet émirati visant à constituer un corps de combattants étrangers recrutés contre rémunération.
AL24 News affirme avoir obtenu cette information, qualifiée de « première importance », auprès d’une source qu’elle présente comme fiable et bien informée. Selon les informations rapportées par la chaîne, cette unité, qui serait encore en cours de formation, compterait entre 3 000 et 4 000 mercenaires dans une première phase. Elle porterait le nom de « Légion étrangère émiratie ».
Les opérations de recrutement devraient commencer en 2027, tandis que la création de cette unité serait prévue pour 2028. L’annonce d’un éventuel projet émirati de recrutement de combattants étrangers soulève des interrogations sur la nature du rôle qu’Abou Dhabi entend jouer dans son environnement régional, alors que les Émirats font face à de nombreuses critiques concernant leurs interventions et leurs positions dans plusieurs foyers de tension au Moyen-Orient et en Afrique.
Dans ce contexte, certaines analyses politiques présentent les Émirats comme un exemple de ce que l’on désigne par l’expression « État fonctionnel », c’est-à-dire un pays dont les choix extérieurs seraient orientés vers des agendas stratégiques dépassant ses intérêts nationaux directs.
Selon cette lecture, l’élargissement des moyens d’intervention à l’étranger, notamment par le recours à des combattants étrangers, pourrait renforcer la capacité d’Abou Dhabi à peser sur le cours de certains conflits. Une telle démarche soulèverait alors la question de la place accordée à l’intervention militaire dans sa politique extérieure, au-delà des mécanismes diplomatiques de médiation et de règlement des crises.
Cette analyse s’appuie notamment sur les controverses liées au rôle des Émirats au Soudan, où Abou Dhabi est accusé de soutenir les Forces de soutien rapide.
Les Émirats font également l’objet de critiques et d’interrogations concernant leurs activités et leurs positions dans plusieurs zones du Sahel africain. Dans cette perspective, la question ne se limiterait pas à la création éventuelle d’une nouvelle unité militaire.
Elle porterait plus largement sur les objectifs poursuivis par Abou Dhabi, les moyens mobilisés pour les atteindre et les intérêts auxquels sa politique régionale pourrait répondre.
Par ailleurs, les Émirats se sont engagés ces dernières années dans un rapprochement avec l’entité sioniste, auquel le Maroc s’est également associé. Cette évolution suscite des critiques quant à ses conséquences sur les équilibres régionaux et sur les intérêts arabes. Les orientations adoptées par Rabat dans plusieurs dossiers sont ainsi perçues par leurs détracteurs comme une convergence avec les choix stratégiques d’Abou Dhabi.
Reste que les informations relatives à la création de la « Légion étrangère émiratie » demeurent, à ce stade, celles rapportées par AL24 News sur la base d’une source dont l’identité n’a pas été divulguée. Les détails du projet et les modalités de son éventuelle mise en œuvre n’ont pas été précisés dans les éléments publiés par la chaîne.
