Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé hier une réunion du Conseil interministériel conjoint consacrée aux modalités d’intégration des mandataires des marchés de gros des fruits et légumes au nouveau mécanisme de suivi quotidien des prix et de la disponibilité des produits de consommation de base.
Selon un communiqué des services du Premier ministre, la réunion s’est tenue en présence des ministres concernés, du président de la Chambre nationale d’agriculture, du président de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), ainsi que de représentants des mandataires des marchés de gros des fruits et légumes.
Organisée dans un contexte de flambée des prix de certains produits de large consommation, notamment les fruits, les légumes et les viandes, cette rencontre s’inscrit dans le prolongement des directives fermes données par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors du Conseil des ministres du 18 octobre, en vue de renforcer la régulation du marché et de préserver le pouvoir d’achat des citoyens.
Les échanges ont notamment porté sur les préoccupations et les propositions des mandataires et des commerçants de gros concernant l’organisation de la commercialisation de ces produits.
L’objectif est de mettre en place une approche participative permettant d’assurer la transparence des circuits de distribution, de suivre le parcours des produits depuis le producteur jusqu’au consommateur et de garantir un approvisionnement régulier à des prix maîtrisés.
Cette démarche fait suite aux instructions données lors du dernier Conseil des ministres, qui a arrêté une série de mesures immédiates portant sur le suivi quotidien des prix et de la disponibilité des produits de consommation de base à travers l’ensemble du territoire national.
Parmi ces mesures figure l’élaboration d’un projet de texte visant à encadrer strictement l’activité des intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs.
Le président de la République a également chargé le ministère du Commerce intérieur d’élaborer un dispositif de plafonnement des prix et de fixation des marges bénéficiaires pour les légumes, les légumineuses, les pâtes et les viandes, en tenant compte des différentes étapes des chaînes de production et de commercialisation.
Le dispositif prévoit également un suivi quotidien des prix à l’échelle locale, sous la responsabilité des walis, ainsi que le renforcement des brigades de contrôle du ministère du Commerce intérieur, avec des opérations d’inspection quotidiennes tout au long de l’année.
Le chef de l’État a, en outre, demandé la mise en place d’un mécanisme permettant de racheter les excédents de produits au niveau local, de les stocker, puis de les remettre sur le marché dès les premiers signes de fluctuation des prix.
Une base de données numérique doit également être créée, en coordination avec le ministère de l’Intérieur, le ministère du Commerce intérieur et le Haut-Commissariat à la numérisation, afin d’assurer un suivi rapide des prix et de permettre une intervention en cas de hausse anormale.
S’agissant spécifiquement des viandes importées, Abdelmadjid Tebboune a chargé le Premier ministre d’ouvrir une enquête sur le rôle de certains importateurs dans les pratiques de monopolisation et la hausse des prix, ainsi que sur les écarts constatés entre les prix pratiqués dans les boucheries des différentes wilayas et des différents quartiers.
La réunion d’hier marque ainsi une nouvelle étape dans la préparation opérationnelle du mécanisme de suivi des prix, avec l’association des représentants des professionnels concernés à la réflexion sur la réorganisation des circuits de commercialisation.
