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L’Algérie condamnée à recourir à l’emprunt ?

Vers le déploiement d'un réseau national de bureaux de change

Pas plus que le reste des pays de la région d’Afrique du nord, La croissance du Produit intérieur brut (PIB) réel en Algérie a été en moyenne négative en 2020 avec une baisse de -5,1 points de pourcentage par rapport à 2019.

En sommes,  les variables macroéconomiques se sont détériorées avec un  déficit budgétaire moyen ayant augmenté à 11,6% en 2020 contre 5,7% du PIB en 2019 en plus d’un  déficit des comptes courants étant passé de de 4,9% à 8,8% du PIB.

Selon les estimations des experts les plus avisés, A l’horizon 2025, les niveaux d’endettement de l’Algérie avoisineront 100% du PIB. Selon la conclusion de la Banque africaine de développement (BAD) dans son dernier rapport sur les perspectives de développement dans la région, la dette publique de l’Algérie a bondi entre 2010 et 2020 de 10,5% à 53,1% de son PIB, estimant que ce même ratio est passé de 69,6% à 90,2% en Egypte, 43,9% à 59,5% en Mauritanie, 49% à 76,1% au Maroc et 39,2% à 87,6% en Tunisie. Selon la BAD ces différences renvoient au fait que les pays de la région aient adopté des stratégies d’endettement différentes.

Quoiqu’il soit, la lecture des données analysées par les experts de la BAD poussent à croire que l’effort d’investissement colossal qu’a promis le gouvernement d’Aïmane Benabderahmane pour faire face aux multiples défis qui guettent notre pays n’est pas compatible avec le niveau de notre endettement public. Et les taux d’intérêt réduits sur décision de l’argentier du pays, ne suffiront pas à garder l’économie à flot en cas de récession prolongée.

La crise économique mondiale induite par la crise sanitaire qui tend à persister malgré les dispositifs, au fond restrictif à même d’intenter au principe de la liberté citoyenne complique gravement la situation de notre économie nationale dont le secteur de l’industrie dépend à point poussé des marchés internationaux de matières premières.  

Ceci au moment même où la situation politico-sociale de l’Algérie est mal armée pour relever un défi de cette ampleur, ce qui met en danger la stabilité de notre pays. 

A vrai dire, les modes de fonctionnement très centralisés, les préférences pour un régime présidentiel et le déni du pouvoir parlementaire,  et l’inclination de notre pays pour des scrutins directs plutôt qu’à plusieurs degrés et majoritaires plutôt que proportionnels, le refus des coalitions au profit d’un personnage et d’une formation dominants, élus de fait par une minorité de la population, tout cela a pour conséquence de rendre la réalisation des Objectifs de développement durable une entreprise autant compliquée que difficile à réaliser.   

En effet ; la réalisation des Objectifs de développement durable exige des investissements considérables, notamment dans l’infrastructure, le capital humain et la résilience aux mutations économico-stratégique dans le monde. Or, dans notre pays, le gouvernement use encore des moyens limités pour mobiliser des recettes publiques ou des investissements privés.

L’Algérie se trouve au jour d’aujourd’hui confrontée à l’inéquation d’un inévitable recours à l’endettement lequel inéluctablement s’impose à des niveaux insoutenables qui à court terme fragiliseront la croissance et pénaliseront les pauvres parmi nos concitoyens.

Dans la pratique, et même si la dette peut parfois être un levier, l’endettement public qui attends l’Algérie est de nature à freiner les investissements privés, à accroître la pression budgétaire, à réduire les dépenses sociales et à limiter les capacités du gouvernement à mettre en œuvre les réformes qu’il a promis aux algériens dans le cadre de la mise  en application du programme du chef de l’état, Abdelmadjid Tebboune.

Déjà, depuis quelques années, les vulnérabilités liées à l’endettement n’ont eu de cesse d’augmenter puisque à la fin de l’année 2019, l’encours de la dette extérieure de notre pays continu de se cesser faisant que désormais la priorité doit être mise sur la gestion et la transparence de la dette pour que tout nouvel emprunt, même intérieur, contribue à la croissance et l’installation d’un environnement propice à l’investissement. 

Avant la survenue de la pandémie de coronavirus (COVID-19), la dette atteignait déjà des records dans les pays en développement dont l’Algérie et la crise actuelle place encore notre pays en situation de surendettement. 

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