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La flambée cyclique des prix des produits sidérurgiques interpelle les pouvoirs publics

La flambée cyclique des prix des produits sidérurgiques interpelle les pouvoirs publics

Alors qu’il était fixé à 119 000 DA/t au niveau de Sider El Hadjar, le prix du rond à  béton a atteint hier la barre de 165500 DA/t empruntant ainsi la même courbe montante des prix des autres produits sidérurgiques. Pourtant ces dernières années, les pouvoirs publics ont multiplié les  investissements étrangers dans les complexes sidérurgiques en Algérie dans le but de maîtriser les mécanismes des coûts et de satisfaire le marché local avant de passer à l’exportation. 

Aujourd’hui, on assiste au phénomène contraire, avec des prix allant crescendo, impactant considérablement les coûts des logements en chantier. Expliquant ce phénomène, Lotfi Manaâ, directeur général du complexe sidérurgique d’El Hadjar, a imputé cette flambée à la hausse des prix sur le marché international du coke et autres matières premières, à l’instar du zinc, qui sont utilisées dans les hauts-fourneaux, ainsi qu’à la guerre en Ukraine. 

Sur les marchés internationaux, les prix du coke (CFR), un produit boursier servant de combustible au haut-fourneau pour la production de la fonte, sont passés de 300 dollars en février dernier à 750 dollars/MT aujourd’hui. 

A préciser que les prix du complexe Sider El Hadjar sont les moins chers avec un manque à gagner de 1,2 milliard de dinars/an sur les prix du rond à béton.

La même situation est constatée chez les importateurs du rond à béton et des bobines (coil), convertis en revendeurs de dépôt, lesquels se plaignent de cette situation : 

L’augmentation brutale des prix du rond à béton, ces derniers mois, a engendré une importante mévente de ce matériau. Dans toutes les wilayas du pays, de nombreux chantiers de construction sont mis à l’arrêt ce qui menace directement des milliers d’emplois dans les circuits de distribution de gros et de détail.

Du côté de la Fédération Algérienne du bâtiment , s’est carrément l’alerte, entrepreneurs et  artisans tous se plaignent de la « flambée des prix des aciers et produits dérivés : ronds à béton, treillis, armatures, poutrelles, tubes et laminés, et des difficultés d’approvisionnement en matières premières depuis le début le déclenchement du conflit russo-ukrainien avec le risque, de paralyser des chantiers du bâtiment.

La situation est critique pour les professionnels du BTP car il semble que les hausses constatées vont se poursuivre sans qu’il soit possible de fixer un délai ou un niveau.

Pour les marchés publics, la FAB compte demander au premier ministre et au ministre de l’habitat d’intervenir auprès des maîtres d’ouvrage afin qu’ils acceptent de prendre en charge l’impact de cette crise de l’acier (surcoûts, délais supplémentaires, exonération des pénalités de retards….

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