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Fournitures scolaires: Flambée intolérable des prix

Les fournitures scolaires disponibles et à des prix raisonnables

Les prix des fournitures scolaires connaissent actuellement une flambée qui risque de provoquer une véritable saignée au sein des ménages ayant des enfants scolarisés. Cette hausse vertigineuse des tarifs des affaires scolaires suscite l’inquiétude des parents d’élèves qui viennent à peine de faire face mais non sans conséquences, aux dépenses des deux fêtes de l’Aïd El Fitr et d’El Adha…

Avec les frais des vacances de l’été, le père de famille n’arrive plus à maîtriser la situation financière de son foyer. Il ne guérit plus de cette  » fièvre dépensière  » qui le poursuit depuis des mois. A plus de deux mois de la rentrée scolaire,  » Al adaouate Al madrassia » demeurent inaccessible pour les bourses moyennes.

Ce qui confirme davantage l’érosion inexorable du pouvoir d’achat des Algériens. L’augmentation exceptionnelle est évaluée à 150 % voire 250 % pour certains articles. Il s’agit « d’augmentations folles», déplore l’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur et son environnement dans une publication sur sa page Facebook.

L’APOCE s’est appuyée, dans son constat, sur une liste des prix des fournitures scolaires prélevés chez les grossistes avant même qu’elles ne soient étalées chez les détaillants. De quoi donner du tournis. Ainsi, le prix d’un cahier de 96 pages dont le prix est affiché chez les grossistes, varie de 95 et 145 Da, est vendu à près de 80 Da. Quant au cahier de 120 pages, il est proposé à 150 Da  alors que le cahier de 192 pages, à 200 DA et le cahier de 288 pages, à 320 DA. Pour la rame du papier, elle se vend 900 DA. Les prix des cartables ont également flambé. Leurs prix varient entre 1500 Da et 3000 Da. Et le prix d’un bon cartable d’écolier dépasse les 5000 DA, est-il affiché dans les marchés de gros à travers le pays.

« Pour procurer à un seul enfant toutes les fournitures nécessaires, les parents sont appelés à dépenser entre 6000 DA et 12000 DA, s’est alertée l’APOCE. Ce qui prédit une rentrée scolaire « saignée ». L’Association propose dans ce sens, entre autres solutions de « réduire le nombre de cahiers exigés aux élèves, combattre les positions de monopole à travers le plafonnement des prix, rapprocher les points de vente des citoyens et développer la production nationale ».

Pis, avec l’approche de la rentrée scolaire et l’introduction sur le marché des marchandises importées, ces prix risquent d’augmenter davantage. À ce propos, Sofiane Louassa, de l’association Himayatec, a déclaré sur Echorouk News que les prix de gros de certains articles scolaires ont grimpé de 150 %. Il donne, en guise d’exemple, le cahier de 32 pages dont le prix de gros est passé de 18 DA à 28 DA (+55 %) et le cahier de 96 pages qui a vu son prix bondir de 32 DA à 80 DA (+150 %).

Pour expliquer la flambée annoncée des prix des fournitures scolaires, le chargé de communication de Himayatec évoque, en premier lieu, le retard dans l’octroi des licences d’importation. Selon Sofiane Louassa, celles-ci doivent être délivrées 6 mois au moins avant le début de l’opération d’importation. La préparation de la commande et le transport des marchandises depuis la Chine représentent en effet deux processus qui prennent plusieurs mois. En second lieu, M. Louassa porte l’attention sur la faiblesse de la production nationale. 

Marchés de proximité « Rahma » 

« Avons-nous en Algérie des fabricants de crayons de couleur, de stylos, d’ardoises ?! N’en parlons pas de la confection de cartables qui est une opération facile que tout atelier peut accomplir », proteste-t-il. Il faut savoir que 90 % des fournitures scolaires vendues en Algérie proviennent de l’importation.

L’Apoce, quant à elle justifie cette hausse alarmante par, d’un côté, l’impact de la crise de la Covid-19 sur l’économie mondiale et l’augmentation du coût des matières premières (par exemple, le prix de la pâte à papier a grimpé de 80 %) ; de l’autre, par l’arrêt de l’activité de plusieurs unités de production locale et le monopole exercé par certains opérateurs. À tous ces six facteurs s’ajoute un septième : l’inflation des coûts du fret maritime.

Pour limiter la saignée sur la bourse des ménages lors de la prochaine rentrée scolaire, l’Apoce, propose, entre autres solutions de : réduire le nombre de cahiers exigés aux élèves, combattre les positions de monopole à travers le plafonnement des prix ; rapprocher les points de vente des citoyens, développer la production nationale.

La solution trouvée par le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a trait à la mise en place de marchés de proximité « Rahma » sur tout le territoire national. Ceux-ci devraient assurer à tous les Algériens la disponibilité des fournitures scolaires à des prix « raisonnables ».

En effet, le directeur général de la régulation et l’organisation des marchés au ministère du commerce, Sami Koli, a annoncé le lancement des marchés « Rahma » dédiés aux fournitures scolaires, à partir du 15 août, a rapporté hier Echorouk online.

Le même responsable a indiqué qu’il y aura 58 marchés de proximité pour les fournitures scolaires et tout ce dont les élèves ont besoin, expliquant que le premier marché devrait être lancé le 15 août prochain. Outre cette solution salvatrice, l’intervention imminente des associations caritatives qui garantiront un cartable plus ou moins, rempli est vivement souhaitée… 

Badreddine K

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